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La dictature insidieuse

Sodoma : une réalité cachée peut-elle en suggérer une autre ?

ImageDans mon prochain ouvrage, « La dictature insidieuse », je souhaite explorer l’hypothèse selon laquelle des lobbies diversitaires et multiculturalistes – féministes, islamo-gauchistes, LGBT, crypto-trotskystes – pourraient s’être infiltrés dans certaines parties de l’appareil d’Etat pour l’instrumentaliser et l’orienter de manière occulte au service de leur propre agenda politique. Je n’ai malheureusement pas encore réussi à trouver de source de bon niveau scientifique permettant de valider cette hypothèse – sauf peut-être en ce qui concerne l’enracinement  à bas bruit d’une certaine forme d’islamo-gauchisme rampant dans les collectivités locales de quelques banlieues communautarisées. C’est pourquoi, à défaut de sources directes incontestables, j’ai pour l’instant dû me rabattre sur des ouvrages évoquant des réalités proches, observées dans certains pays étrangers. L’ouvrage de Frédéric Martel, Sodoma, a à cet égard retenu toute mon attention, en révélant une réalité incroyable : l’existence d’une homosexualité extrêmement répandue au sein du haut clergé catholique, et qui fait aujourd’hui du Vatican l’une des plus grandes communautés « gay » du monde.

Ce volumineux ouvrage de plus de 600 pages est le résultat d’une immense enquête menée aux quatre coins du monde par une équipe dirigée  par le journaliste Frédéric Martel, lui-même venu de la gauche bon ton et ouvertement gay. Il révèle le fait que l’homosexualité, pratiquante ou non, est extrêmement répandue au sein du haut clergé catholique, et tout particulièrement au Vatican, dont les 5 derniers papes furent largement entourés de hauts dignitaires homosexuels – et pour certains d’entre eux, furent sans doute eux-mêmes « de la paroisse ».  Si cette situation incroyable peut en partie expliquer la mansuétude dont firent trop longtemps l’objet de la part de l’Eglise de Rome,  les crimes pédophiles sur grande échelle, commis notamment au sein des clergés d’Amérique latine et des Etats-Unis, elle s’accompagne d’un constat beaucoup plus paradoxal : en effet, non seulement  le Vatican s’opposa violement, au cours des 40 dernières années, à tous les combats en faveur des homosexuels (reconnaissance du mariage entre personnes du même sexe, lutte contre la propagation du Sida par l’utilisation des préservatifs…), mais – fait presque incroyable – les oppositions les plus déterminées à ces avancées provinrent de prélats homosexuels, par ailleurs souvent proches des milieux d’extrême-droite !!! Un paradoxe que Frédéric Martel explique par une forme de « haine de soi » affectant des personnes contraintes de vivre leur sexualité dans la dissimulation, le mensonge et la honte.  Et qui d’ailleurs, permet de souligner au passage que les prélats homosexuels, quoique très nombreux au Vatican, ne s’y sont pas organisés à proprement parler en « lobby, chacun d‘entre eux étant en quelque sorte cadenassé dans son secret plus ou moins bien gardé.

On aurait peine à croire ces révélations sensationnelles si elles n’étaient appuyées sur une enquête d’une rigueur et d’une ampleur exceptionnelle. Ceci fait d’ailleurs regretter que la partie à mon avis la plus intéressante du livre – l’histoire des luttes secrètes de pouvoir autour du Saint siège, des conflits souvent très violents entre les différents courants idéologiques de la haute hiérarchie ecclésiastique sur des sujets tels que la reconnaissance de l’homosexualité, la contraception, le mariage des prêtres, ou la théologie de la libération sud-américaine- ne soit pas davantage développée. Cet aspect des choses est en effet parfois un peu délaissé au profit de la description, un peu trop détaillée et voyeuriste à mon goût, des dilections personnelles et même des frasques sexuelles des hauts prélats du Vatican – des hommes qui comme tous les autres, ont tout de même le droit au respect de leur vie privée. Chose encore plus étrange, Frédéric Martel semble éprouver un plaisir un peu trouble et, disons, dénué d’empathie, à nous révéler ces turpitudes – qui aux yeux d’un homosexuel avoué comme lui, ne devaient justement pas être considérées comme telles. Au point qu’on se prend parfois à se demander s’il n’est pas atteint de la même haine de soi homophobe dont il croit déceler la présence chez de nombreux prélats.

Mais mon intérêt principal pour ce livre s’oriente en fait vers une toute autre direction. A savoir que si une réalité aussi massive et sujette à scandale – à savoir le fait que la moitié au moins de la haute hiérarchie de la curie romaine serait composée d’homosexuels – a pu rester secrète pendant tant d’année, alors rien, absolument  n’empêche que des questions du même type puissent être légitiment posées concernant la France. Quid, par exemple, de l’infiltration des ministères sociaux -et en tout premier lieu, bien sur ce celui s’occupant des droits des femmes – par des féministes doctrinaires et dogmatiques ? Quid de l’existence, jusqu’ici non démontrée, d’un « lobby gay » au Parlement européen, à l’Assemblée nationale ou à Mairie de Paris ? Quid de l’infiltration historique du parti socialistes par les crypto-trotskystes ? Quid de la stratégie d’entrisme des islamo-gauchistes et des islamistes tout court dans les collectivités locales des banlieues communautarisées ou dans certains services publics ? Rien de tout cela, à la lecture de Sodoma, n’apparaît plus impossible ni tabou,  même si dans la plupart des cas, les preuves restent encore fragiles et parcellaires. En tout cas, que l’on ne s’avise jamais plus de disqualifier ceux qui se mêleraient de poser ces questions sensibles en les gratifiant de toutes sortes de noms d’oiseaux…

Pour ma part, je me focaliserai sans doute, dans mon prochain livre, sur l’examen de l’un des cas sur lesquels les preuves semblent relativement les plus faciles à réunir, à savoir l’enracinement progressif – mais en forte accélération depuis 10 ans – d’un lobby féministe radical au sein d’une partie de appareil d’Etat français. Un processus évidement favorisé par le développement d’institutions et de bureaucraties dédiées à la question des droits des femmes (Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes, délégations régionales au droit des femmes…). Affaire à suivre…

Frédéric Martel, Sodoma, enquête au cœur du Vatican, 2019, 632 pages, Robert Laffont, Paris

Nb : cette fiche de lecture s’inscrit dans mon actuel travail de rédaction d’un ouvrage intitulé « La dictature insidieuse », où je tente de mettre à jour les mécanismes par lesquels l’Etat français contemporain réduit peu à peu nos libertés. Pour tester mes hypothèses de travail, je suis en ce moment amené à lire un grand nombre d’ouvrages, récents ou plus anciens, portant sur ces questions. Comme les autres comptes rendus de lecture du même type que je publierai au cours des semaines suivantes, le texte ci-dessous ne porte donc pas directement sur l’ouvrage lui-même, mais sur la manière dont il confirme ou infirme les thèses que je souhaite développer dans mon propre livre, et que je présente au début du compte-rendu sous la forme d’un encadré liminaire, afin de les tester à l’aune de cette nouvelle lecture.

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