Visite à la Casa de las Tradicionnes du quartier de Tivoli

Santiago de Cuba, Dimanche 24 juillet 2011

Chassés de Haïti par les révoltes Noires de la fin du XVIIIème siecle, les colons français trouvèrent refuge dans l’Oriente Cubain, et tout particulièrement à Santiago de Cuba. Dans cette ville, ils se regroupèrent sur une petite colline dominant la Bahia – la Baie – de Santiago. Celle-ci prit bientôt le nom de Tivoli (ci-dessus, vue de la colline de Tivoli depuis la rue Padre Pico).

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On y accède par des rues qui sont souvent si en pente qu’il a fallu y installer des escaliers, un peu comme à Montmartre. Cela rajoute encore au charme du lieu. Ici, vous voyez la célèbre Escalina Padre Pico, à deux pas de la maison où j’habite (la photo a d’ailleurs été prise de ma terrasse).

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Même si l’on ne parle plus français depuis longtemps à Tivoli, le quartier conserve une forte couleur locale, avec son entrelac de petites rues étroites et un peu tordues.

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Celles-ci sont bordées de jolies petites maisons à un étage, qui, dans le passé, ont sans doute ete delicieuses a habiter.

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Certaines d’entre elles semblent être les vestiges de ce qui fut autrefois une demeure de maître ou peut-être même un café-théâtre, avec leurs balcons et leurs colonnades.

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Mais malheureusement, l’intérieur de ces jolies maisons est aujourd’hui souvent en bien mauvais état.

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Depuis les hauteurs de Tivoli, on aussi de très belles vues sur la baie, le quartier du port (Alamendares) et sur le cirque de montagnes environnantes.

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Le quartier fut également un lieu de rencontres de trovadores, qui se réunissaient dans ses petits cafés et sur ses petites places arborées (Ci-dessus, deux lieux historiques de rencontres de trovadores).

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Il y plein d’autres souvenirs associés au quartier de Tivoli, comme cet ancien commissariat aux allures bucoliques, mais qui fit l’objet d’une furieuse bataille lors d’un assaut donné par les guerrillas castristes en 1956.

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Mais ce quartier populaire est aussi un lieu bien vivant. Ici, vous voyez les habitants attablés à l’intérieur de baraques à friture et ä rhum, installées à l’occasion du carnaval qui bat actuellement son plein dans toute la ville de Santiago.

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Il y a aussi des cumparsas d’enfants et d’adultes qui circulent dans les rues, toujours à l’occasion du Carnaval.

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C’est dans la rue du Géneral Rabi, à deux pas de l’ancien commissariat de Santiago, que se trouve la Casa de las tradiciones. Elle se présente comme une jolie petite maison un étage toute crépie de bleu, assez étroite en apparence, mais dont la superficie se développe en fait tout en profondeur.

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C’était autrefois une maison familiale, qui fut rachetée en 1997 par un artiste de la télévision cubaine, Raul Pomares, pour en faire un centre de culture populaire. La salle de spectacle est entièrement décorée, un peu à l’instar de la casa de la Trova, de dizaines de photos et tableaux évoquant l’histoire de la Trova et de ses principaux interprètes.

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La salle principale est divisée en deux parties par une sorte de petite colonnade centrale. Il y a aussi, sur le côté, une troisième salle où il est possible de s’isoler un peu plus si on désire papoter tranquillement, légèrement à l’écart de la musique et des danseurs.

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Le restaurant et la cuisine se trouvent en quelque sorte retranchés derrière le mur du fond de la salle principale, communiquant avec elle par une sorte de petite alvéole. Une disposition plutôt agréable car elle facilite la communication avec les serveurs et permet d’éviter les trop longues attentes.

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Située un peu à l’écart du lieu de concentration touristique principal que constitue la place Cespedes, au bout d’une rue étroite et mal éclairée, relativement peu mentionnée dans les guides touristiques, la Casa de las Tradiciones est beaucoup moins fréquentée par les touristes étrangers que la Casa de la Trova. Elle est aussi un peu moins chère et donc plus accessible aux cubains. C’est à la fois un avantage et un inconvénient, comme j’ai pu en faire moi-même l’expérience.

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D’un côté, nous aimons tous la couleur locale, l’authenticité et les contacts directs avec les populations du coin et les artistes. La programmation de la Casa de las Tradicionnes est aussi bonne que celle des autres lieux de musique de Santiago, et l’étroitesse des lieux fait que l’on peut y jouird’une intimité particulièrement forte avec les musiciens : en fait, on danse pratiquement à côté d’eux. De plus, comme le public est plutôt clairsemé et que le lieu invite à la conversation, on a vite fait de lier gentiment connaissance avec tout le monde.

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J’ai pu en faire l’agréable expérience deux soirs de suite, en venant écouter deuxSeptets de Son que j’aime bien : Bisset Son (photo ci-dessus et ci-dessous) et le groupe féminin Las Perlas del Son.

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Mais le point noir du lieu est sa faible fréquentation, qui donne parfois à l’endroit un aspect assez triste : les musiciens jouant, l’air un peu ennuyés, devant une salle presque vide. La forte proportion de jineteras au sein du maigre public cubain ajoute encore au caractère un peu glauque de l’endroit.

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Vous pouvez donc aller un soir à la Casa de las Tradicionnes, pour écouter de la bonne musique dans un lieu qui pourrait être très agréable s’il était davantage et mieux fréquenté. Mais je vous conseille de vous y rendre en groupe mixte d’au moins trois à quatre personnes. Ceci pour éviter de vous faire trop importuner, pour fournir aux artistes une base de public minimale et aussi peut-être pour garantir votre sécurité en cas de sortie tardive de ce lieu un peu isolé.

Fabrice Hatem

La Casa de las Tradicionnes
154, Rue du géneral Rabi
Entre Princessa et San Ferdinando
Quartier de Tivoli
Tous les jours a partir de 21 heures
Tél : 00 53 22 65 38 92

 

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