La Havane, comme un phénix, renaît de ses cendres

SITE HAVANE2La scène havanaise de la musique populaire dansante a connu, au cours des 150 dernières années, une trajectoire en dent de scie, où ont alterné les périodes d’intense rayonnement et de repli. Depuis la fin du XIXème siècle jusqu’en 1959, elle a traversé une période d’activité ascendante, pour devenir à partir des années 1920 la capitale incontestée de la musique tropicale. C’est dans cette ville que sont en effet inventés rien moins que le Son urbain, le Mambo ou le Cha Cha Cha, qui vont ensuite conquérir les pistes de danse du monde entier (photo ci-contre : le cabaret Tropicana en 1956). Et c’est aussi à la Havane qu’apparaît, à la fin des années 1950, le style de danse dit « Casino », qui préfigure ce qui est aujourd’hui appelé « Salsa Cubaine ».

A partir de 1959, La Havane souffre cependant d’un climat politico-économique très défavorable à l’essor d’une industrie des loisirs dynamique et influente. Tout en favorisant une réelle mise en valeur de la culture populaire, le gouvernement castriste affaiblit en effet les mécanismes spontanés de création reposant sur l’initiative privée, tandis que Cuba est coupée des grandes scènes musicales étrangères et voit de ce fait son influence internationale décliner en matière de musique tropicale. En particulier, le pays ne participe pas, entre 1965 et 1990, à l’essor et au développement de ce nouveau phénomène musical appelé Salsa, dont les rythmes sont cependant largement inspirés du Son Urbain.

Une renaissance s’amorce au cours des années 1990 avec l’avènement de la Timba cubaine (un style musical très proche de la Salsa) et le développement du tourisme encouragé par les autorités. Cuba se réapproprie alors en force l’identité salsera, diffusant à l’étranger ses propres styles (Timba pour la musique, Salsa cubaine pour la danse). A la Havane même, la scène commerciale des loisirs nocturnes reste cependant peu active jusque vers 2010. Mais les choses commencent à bouger aujourd’hui en ce domaine…

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