Le roi et moi (The King and I)

ImageFilm musical de Walter Lang, Livret de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II, avec Deborah Kerr (doublée au chant par Marni Nixon) et Yul Brynner, Etats-Unis, 1956, 133 minutes.

Siam, 1860. Une jeune galloise, Anna Leonowens, est engagée par le roi Mongkut pour donner une éducation moderne à ses enfants et contribuer ainsi à préserver l’indépendance du royaume face aux appétits des puissances coloniales occidentales. Ces deux caractères bien trempés vont souvent rentrer en conflit, mais vont aussi apprendre à s’apprécier.

ImageAdaptation d’une comédie musicale de Broadway, elle-même inspirée d’une histoire véridique, ce film m’a confirmé dans ma mauvaise opinion des œuvres de Rodgers et Hammerstein II, associant trop souvent bons sentiments mielleux et médiocrité musicale sur fond de reconstitution historique grandiose et trompeuse. C’est pourtant cette cuisine insipide, dont on retrouvera quelques années plus tard un autre exemple navrant avec La mélodie du Bonheur (1964), qui avait fait à l’époque la réputation du tandem, censé rénover la comédie musicale par l’intégration de thématiques historiques et morales nourrissant la réflexion de l’auditoire.

ImageCôté scénario, donc, rien de bien intéressant : Une cour de carton-pâte au rituels totalement réinventés pour les besoins du cinéma hollywoodien ; une bande de petites enfants asiatiques en costume de mandarin piaillant autour de leur gentille mais moderne maîtresse d’école en robe bouffante (March of the Siamese Children, Getting to Know You) ; une intrigue sentimentale d’un grande pauvreté entre une malheureuse princesse birmane prisonnière et son amant clandestin (We Kiss in a Shadow); un face-à-face totalement invraisemblable entre un Yul Brynner en roi de Siam dépoitraillé, autoritaire et finaud et une petite maîtresse d’école dressée sur ses ergots (Shall We Dance, You Are Not Afraid)  ; et tout cela pour aboutir au « happy end » de la modernisation du pays par le prince héritier, sous l’influence bienfaisante de l’enseignement éclairé prodigué par Mme Anna.

ImageOn n’y croît pas une seconde, d’autant que les interprètes eux-mêmes (tout particulièrement Yul Brynner qui joue faux pendant deux bonnes heures) semblent avoir beaucoup de mal à rentrer dans leurs personnages. Seul point positif, la beauté somptueuse des décors et des costumes ne parvient pas à elle seule à sauver le film du naufrage.

ImageCôté musique, cela ne vaut guère mieux. Comme d’habitude, Rodgers et Hammerstein II proposent deux types de plats également indigestes : la soupe fade et peu nourrissante des chansons, petites bluettes où l’on peinerait à trouver le moindre signe d’originalité ou de force musicale ; et le brouet étouffant des suites orchestrales compliquées et filandreuses, interprétées par des orchestres pléthoriques. Au total, c’est vraiment assommant.

ImageEt dire que ce film a été un succès colossal auprès du public et de la critique, raflant 5 Oscar dont ceux, incompréhensible à mes yeux, du meilleur premier rôle masculin pour Yul Brynner et de la meilleure musique !!!

ImageUne scène charmante, cependant surnage au milieu de cette médiocrité générale : celle où un ballet thai traditionnel (ou plus exactement sa représentation hollywoodienne) interprète La Case de Oncle Tom (The Small House of Uncle Tomas). Cette juxtaposition d’une esthétique de danse asiatique (ou pseudo-asiatique, mais peu importe)  et d’une œuvre littéraire nord-américaine est absolument merveilleuse de légèreté, de finesse et de poésie. Et porte de plus un message assez efficace sur le caractère universel du droit à la Liberté et à la Justice.

Pour en savoir davantage sur le film, consulter la fiche Wikipedia. Pour visionner la bande-annonce, cliquez sur : Trailer.

 Fabrice Hatem

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *