My Fair Lady

ImageFilm musical de Georges Cukor, livret de Frederick Loewe (musique) et Alan Jay Lerner (paroles) avec Rex Harrison et Audrey Hepbrun, 1964, 170 minutes, Etats-Unis.

Londres, début du XXème siècle. Un spécialiste de la phonétique, Henry Higgins (Rex Harrison), célibataire égoïste et un peu butor, fait le pari de transformer en véritable Lady une petite marchande de fleurs à l’épouvantable accent Cockney, Eliza (Audrey Hepbrun), en lui apprenant un langage et une prononciation plus châtiés. L’amour parviendra-t-il aussi à trouver son chemin entre la jeune femme subjuguée et son Pygmalion mal embouché ?

ImageL’histoire de ce chef d’œuvre du film musical constitue un bon exemple de la relation étroite et réciproque qui toujours relié ce genre cinématographique à la scène théâtrale. My Fair Lady est en effet une adaptation à l’écran d’une comédie musicale éponyme créé à Broadway en 1956, elle-même adaptée d’un film de 1938 (Pygmalion), à son tour inspiré… d’une pièce de théâtre du même nom de Georges Bernard Shaw. Ouf !!

ImageLe film séduit d’abord par la magnificence des décors et des costumes, avec une superbe reconstitution, délicieusement stylisée par d‘amusants arrêts sur image, des deux mondes qui se côtoient dans l’intrigue : celui du Londres populaire, avec son marché aux fleurs et aux fruits, ses cabarets, ses hommes de peine et ses marchandes de quatre saisons à l’accent cockney ; et celui de la haute société anglaise, avec son opéra aux colonnes orgueilleuses, ses réceptions et ses bals somptueux, ses ladies élégantes et guindées assistant aux courses d’Ascott.

ImageIl  reste assez proche, dans sa mise en scène, des conventions et des contraintes d’une oeuvre théâtrale : face-à-face, dans un seul et même décor, du marché populaire et de la façade de l’opéra somptueux où se presse la bonne société ; présence d’une ouverture et d’un entracte symphoniques … Son livret reprend d’ailleurs très fidèlement celui de la comédie musicale dont il est inspiré, avec un nombre très limité de suppressions et de coupures.

ImageSi le film comprend quelques très jolies chorégraphies (scène de bal à l’ambassade), il brille surtout par une quinzaine de chansons dont les paroles illustrent avec humour les sentiments et les travers des personnages principaux : paresse et désinvolture du cockney parasite (With a Little Bit of Luck, Get Me on The Church on Time), égoïsme du vieux célibataire endurci (An Ordinary Man, a Hymn to Him), espoir de bonheur matrimonial d’une jeune femme pauvre et solitaire (Would’nt It Be Lovely, Just You Wait), chansons romantiques déclinant les différents aspects du sentiment amoureux (On The Street Where You Live, Show me, Without you, I’ve Grown Accustomed to Her Face…). Plusieurs thèmes marquent par ailleurs les étapes de la transformation d’abord laborieuse mais finalement couronnée de succès d’Eliza en Lady (Why Cant’ the English Learn to Speak, The Rain in Spain, Servants Chorus, You Did It, I Could Have Danced All Night).

ImageAudrey Hepburn en jeune femme pauvre, déstabilisée par sa transfiguration en Lady, attire de manière magnétique l’affection et l’empathie. Rex Harrison est particulièrement convaincant dans son rôle de scientifique bourru, exclusivement préoccupé du succès de son expérience et (apparemment) indifférent au destin de sa cobaye. L’une des qualités du film est d’ailleurs de nous faire ressentir, au travers même de la relation un peu fausse qui unit les deux personnages principaux (un amour naissant caché sous les dehors d’une expérience pseudo-scientifique), la violence supposée des rapports sociaux et de genre dans l’Angleterre de l’époque : les hommes riches, y compris ceux animés des meilleures intentions, se permettant de traiter des jeunes femmes pauvres avec la dernière des goujateries, quasiment comme de petits animaux domestiques, sans même se rendre compte de ce que leur comportement peut avoir de grossier et de blessant…

ImageLe film rencontra un gros succès à sa sortie, récoltant de nombreuses distinctions académiques  et drainant des foules considérables. Il ensuite été réédité à plusieurs reprises, suscitant toujours l’enthousiasme, tandis que la comédie musicale a fait l’objet au cours des 50 dernières années de nombreuses adaptations nouvelles sur les scènes du monde entier. Une pérennité qui n’étonne pas lorsque l’on a pu goûter à la fraicheur quasiment intacte d’une œuvre cinématographique qui fête cette année son cinquantième anniversaire.

Pour en savoir davantage sur le film, consulter la fiche Wikipedia. Pour visionner la bande-annonce, cliquez sur : Trailer.

Fabrice Hatem

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