La pachanga : un lieu décevant pour les amoureux parisiens de la culture cubaine

Mercredi 12 septembre 2012

ImageDisons-le sans ambages : la Pachaga constitue, pour un véritable amoureux de la culture cubaine, une expérience décevante, décourageante, presque déprimante.

C’est un grand restaurant-night club situé 8, rue Vandamme, dans le quartier de la Gaieté à Paris. On rentre d’abord dans un long couloir où l’on est délesté deux fois de ses euros : une première fois à la caisse, une seconde fois au vestiaire (obligatoire). On pénètre ensuite dans une grande salle sans fenêtres assez basse de plafond et composée de trois « blocs » : au fond, le bloc « danse », une piste de 150 m2 environ, avec, sur le côté, le guichet du Dj ; au centre, le bloc « restaurant », constitué par plusieurs alignements de tables, quasiment dans une style cantine ; enfin, derrière le bar en équerre, le bloc « café » où l’on peut s’isoler pour boire un verre.

Si vous voulez danser, pas la peine de venir avant 21h30. Il y a des « cours » de Salsa dans le « bloc danse ». Enfin, si on peut appeler cela des cours !! Disons qu’un troupeau de 150 élèves-moutons répète un mouvement vaguement entrevu (il y a trop de monde pour pouvoir même bien voir l’enseignant- berger). Celui-ci anime le « cours » avec un microphone-haut-parleur. Inutile de dire que la pédagogie est inexistante : répétition mimétique sans contrôle d’une figure de rueda de casino, absence totale de sensibilisation aux questions de coordination rythmique ou de dissociation corporelle, aucune allusion au contexte de la figure enseignée où à l’histoire de la culture populaire cubaine, pas le temps de poser des questions… Bref, le degré zéro absolu de l’apprentissage de la danse et de l’initiation à la culture cubaine. Cela peut à la rigueur convenir pour une toute première initiation… et encore !!

Une fois le « cours-bétaillère » terminé, on a le choix entre aller s’assoir dans le bloc « restaurant » – où l’on vous propose un brouet latino de qualité très moyenne pour un prix non négligeable, surtout si l’on tient compte que l’on a déjà payé deux fois pour entrer – ou de continuer à se trémousser dans le bloc « danse », immédiatement envahi et surpeuplé par des salseros en manque attendant ce moment depuis une demi-heure. Pas d’orchestres vivants. Rien d’un peu élaboré sur la culture cubaine. Tout est bien pensé et organisé, par contre, pour vous faire « cracher » vos euros.

Quand on a passé des mois à Cuba, lu des dizaines de livres, essayé sincèrement de s’initier à cette culture et de pratiquer correctement ses danses, noué des amitiés avec des artistes de valeur, il n’a a rien de plus déprimant que l’être réduit à l’état de « cochon de payant » parisien, se trémoussant en troupeau sur une musique enregistrée, l’estomac un peu dérangé par un fajito trop acide, dans un climat de coma culturel dépassé.

Avantage principal du lieu : il est ouvert tous les jours et donne ainsi une « assurance-salsa » aux danseurs dépendants, avec une programmation musicale très correcte. Plusieurs amis salseros m’ont en particulier recommandé la soirée du lundi, animée par Dj Salserito, où l’on retrouve paraît-il, l’ambiance beaucoup plus sympathique de la vieille Pachanga d’il y a quelques années. Mais comme le dit Frankie Ruiz, « la cure est pire que la maladie ». A ce rythme, les vrais amoureux de Cuba auront vite fait de se décourager de sortir à Paris !!

Pauvre culture cubaine, trahie et exploitée par des marchands de loisirs !!! Et pauvres danseurs de salsa parisiens débutants, auquels n’est ainsi proposée qu’une vision appauvrie et mercantiliste de cette merveilleuse culture ! Quelle différence avec un lieu comme le Satellit’ café, à la programmation culturelle ambitieuse, offrant à la fois une tribune aux musiciens vivants et une expérience humaine et culturelle infiniment plus riche aux danseurs!!!!

Fabrice Hatem

La Pachanga 8, rue Vandamme 7014 Paris Tél : 00.33.1.56.80.11.40 www.lapachanga.fr

 

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