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Le défilé de la victoire

Nous les avons enfin jetés hors d’Allemagne, ces sales envahisseurs français. Après Leipzig, ils n’avaient plus d’autre solution que de repasser le Rhin.

Et aujourd’hui, à Berlin, c’est jour de fête. Toute la population s’est réunie pour acclamer la superbe cavalerie alliée, qui défile sur Unter den Linden.

defil1 D’abord les russes…

Les russes sont les premiers à passer. A tout seigneur tout honneur : c’est eux qui, les premiers, ont vaincu Napoléon à la Berezina.

Le régiment des chevaliers-gardes du corps ouvre le cortège.

Ils sont superbes dans leur uniforme blanc, avec leur immense chenille surmontant leur casque noir à plaque dorée.

defil3 Ils sont vengés, maintenant, de leur humiliation d’Austerlitz : les chasseurs et les grenadiers qui les avaient vaincus là-bas sont morts depuis longtemps, dévorés par les loups des steppes.

Après eux, viennent les cuirassiers du régiment Ordenski : des hommes gigantesques, qui ont été de tous les combats de la campagne d’Allemagne, depuis Dresde jusqu’à Leipzig.

defil4 On aperçoit derrière eux les dragons de Kinburn.

Ils portent un uniforme vert bouteille, avec un casque noir au cimier étroit et courbé, orné d’une grande plaque frontale dorée.

Ils sont suivis par les hussards russes.

defi18 Ceux de Pavlovgrad sont armés de la lance.

Leur uniforme est vert sombre à galons tressés et boutons jaunes, avec un shako aplati dont le sommet est incurvé vers l’intérieur…

Ceux d’Isum portent une pelisse bleue foncé bordée de fourrure blanche, un shako noir a rebords blancs, un dolman rouge à tresses dorées.

defil19 De rudes gaillards, ceux-là, qui étaient déjà à la Moskova.

Les cosaques du régiment de Platov, avec leurs petits chevaux nerveux, leur uniforme bleu et leur toque de fourrure surmontée d’un plumet blanc, sont follement applaudis.

Bien sur, tout le monde sait que ce sont de demi-sauvages, sales, pillards, indisciplinés. Mais la foule veut leur témoigner sa reconnaissance du rôle qu’ils ont joué dans la déroute des troupes de l’Ogre Corse.

defil5 En tournoyant sans cesse autour de son armée, ils ont gêné ses communications et son approvisionnement, interceptant les courriers, attaquant ses convois de vivre, tuant les soldats partis à la maraude, harcelant l’arrière-garde, se glissant entre les régiments pour isoler et détruire les unités les unes après les autres.

Ils ont même manqué, pendant la retraite, de faire prisonnier l’Empereur Napoléon, perdu avec sa suite au milieu d’une tempête de neige.

Puis l’Etat-Major..

defil14 Derrière eux, défile l’Etat-Major allié. Parmi les prussiens, on distingue le vieux Blücher, sabre au clair, chevauchant à côté de von Roeder, commandant des cuirassiers de Brandebourg, et de Yorck, celui qui a le premier décidé de cesser les hostilités avec les russes après la déroute de nos « alliés » français.

Tout à côté d’eux, chevauchent les russes : Benninsgen, Barclay de Tolly, Wittgentsein. Dommage que le Vieux Koutouzov soit mort il y a quelques mois, Nous lui aurions témoigné notre reconnaissance…

Les autrichiens sont là aussi : Schwarzenberg, général en chef des armées alliées, est accompagné de Lichenstein et de Klenau. Ils sont entouré d’une nouée d’officiers d’état-major de toutes nationalités : bavarois et autrichiens à l’uniforme blanc, russes au gilet vert sombre, prussiens habillés de bleu et de noir…defil20

… La cavalerie prussienne

Mais voici qu’un délire s’empare de la foule. Ce sont les nôtres qui défilent maintenant.

Tout le monde a reconnu les cuirassiers de Brandebourg, avec leurs haut casque à la romaine, surmonté d’une abondante chenille noire sur l’avant et leur uniforme blanc à parements bleus.

Personne ici n’a oublié la manière dont ils se sont couverts de gloire à la bataille de Liebertwolkwitz contre la cavalerie de Murat.defil17

On voit maintenant arriver les uhlans aux tuniques bleu sombre rehaussées de rouge.

Ceux de l’escadron des gardes du corps portent un gigantesque Chzapska noire surmontée d’un épais plumet de même couleur.

Ils portent aussi un parement dit «à la polonaise » : des tresses argentées, accrochées autour du col, et qui forment une sorte de collier très lâche sur la poitrine.

defil18 Ils se sont illustrés lors du combat de Halle en mai 1813.

Voici les uhlans de la ligne, avec leur longue lance.

Ils portent un shako noir à cocarde noire et blanche, ornée d’un cordon à raquette jaune.

defil16 Ils sont suivis par les hussards de prusse. Quelle élégance !!

Leur dolman bleu de Prusse et leur pelisse bordée de fourrure blanche sont richement ornés de tresses et boutons jaunes, avec en plus des cols et parements rouges, et une ceinture tressé de rouge et d’or ….

Ils portent un shako noir avec cordon blanc, surmonté d’un plumet droit noir et blanc.

defill15 Les hussards noirs de Brunswick ont l’air de porter le deuil.

Ils ont juré de ne pas s’arrêter de se battre avant d’avoir définitivement vengé la mort de leur vieux duc, tué à Iéna par les français.

Ils sont presque effrayants, avec leur uniforme presque entièrement noir, la tête de mort sur le devant de leur shako et leur grand plumet noir qui s’élève droit dans le ciel comme une flamme.

Ils sont allés combattre Napoléon jusqu’en Espagne, avec Wellington. Mais le jeune duc a aussi pu lever des troupes pour participer à la campagne d’Allemagne, et ce sont elles qui défilent aujourd’hui.

Puis autrichienne.

defil8 Les autrichiens ferment la marche

On voit d’abord leurs cuirassiers au casque de cuir noir surmonté d’une petite chenille en laine noire et jaune, aux couleurs de leur pays.

Leur selle repose sur une housse rouge à bordure dorés. defil21

Ils sont accompagnés par quelques dragons bavarois à l’uniforme vert et aux casques de cuir noir ornés d’une plaque dorée.

Des ralliés de la dernière heure, ceux-là !! Ils ne sont pas très applaudis.

defil13 Viennent ensuite les hussards.

Ceux d’Autriche portent un shako rouge à visière noire, un dolman vert bouteille tressé de jaune et un pantalon gris à bande noire.

Leur chabraque grise en peau de mouton repose sur une housse rouge à rebords dorées.

defil12 Quant aux hussards hongrois du 7ème régiment de Lichtenstein, on dirait un vrai feu d’artifice.

Leur dolman est bleu ciel et tressé de jaune : leur pelisse de même couleur est en plus bordé de fourrure noire ; leur shako est vert, avec une visière noire et un plumet jaune et noir.

Leur selle repose sur une housse rouge à bouts pointus, bordée d’un galon jaune.

De fieffés pillards, ceux là, mais aussi l’un des plus beaux régiments de la cavalerie de Vienne…

defil10 Les ulhans autrichiens du 1er régiment passent en dernier, armés de leur lance, avec leur chapska rouge à sommet carré jaune, leur uniforme verts à parements, col et revers rouges, leurs ceinture tressée noire et jaune.

Quel réconfort de voir notre liberté défendue par d’aussi superbes cavaliers !!!

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