Rapport sur l’investissement international en Europe 2002-2005 (édition 2006)

ImageEditeur : AFII/lLa documentation française, juin 2006

Auteur : Fabrice Hatem

Rapport sur l’investissement international en Europe 2002-2005 (édition 2006)

La mondialisation de l’économie et l’ouverture des frontières ouvrent des opportunités de localisation de plus en plus larges aux firmes multinationales. Celles-ci sélectionnent soigneusement les lieux d’implantation de leurs activités à travers le monde, en tenant compte de multiples critères tels que la taille du marché, les coûts de production, la qualité des ressources, la stabilité économique et sociale. Et leurs choix, qui concernent une fraction croissante de l’investissement et de l’emploi des pays d’accueil, jouent un rôle de plus en plus décisif dans les dynamiques de développement locales. D’où l’apparition d’une compétition entre les territoires pour l’attraction des entreprises. Et donc d’un nouveau type de marché : celui de l’investissement internationalement mobile. Avec sa demande – les projets des firmes et leurs critères de localisation – et son offre – les territoires d’accueil et les ressources qu’ils peuvent offrir pour les attirer.

Quelles sont les tendances de ce marché, par secteur, fonctions, pays d’origine et de destination ? Faut-il craindre une réorientation massive des projets manufacturiers intensifs en main d’œuvre vers les pays émergents ? Quelles opportunités nouvelles s’ouvrent aux pays d’Europe de l’ouest dans les industries de l’innovation et le tertiaire supérieur ? Vers quels segments d’activité la France peut-il orienter ses politiques de promotion et de prospection ?

Fondé sur les données recueillies par le dispositif d’intelligence économique de l’AFII, ce rapport propose des analyses novatrices sur le montant et la répartition géographique des projets d’implantation des firmes multinationales en Europe. La montée des investissements internationaux dans les secteurs tertiaires et de haute technologie, le rôle toujours dominant des investissements intra-européens, l’intégration rapide des pays de l’est au reste du continent sous l’influence des stratégies de localisation des firmes multinationales, en constituent quelques unes des conclusions majeures.

Fabrice Hatem, chef de l’observatoire des investissements internationaux à l’AFII et professeur à l’école de management de Normandie, a coordonné la rédaction de ce rapport, auquel ont participé l’ensemble des experts de l’AFII, et préfacé par Clara Gaymard, Ambassadeur délégué aux investissements internationaux

Quelques conclusions majeures du rapport

L’analyse des données rassemblées par l’AFII sur la période 2002-2005 fait apparaître les conclusions suivantes :

1. Un enjeu de l’ordre de 200 000 emplois par an. Le marché de l’investissement internationalement mobile en Europe a représenté 2500 projets et au minimum 165 000 emplois créés par an[1]. Il a connu une forte progression en termes de nombre de projets depuis 2002, et une légère reprise en termes d’emplois en 2005 après trois années de stabilité.

2. Les firmes européennes, principaux investisseurs en Europe. La principale région d’origine des projets, en termes d’emplois créés comme de projets, est, de loin, l’Europe de l’ouest, suivie par l’Amérique du nord. La contribution des investisseurs asiatiques est plus limitée, mais en forte croissance en 2005. On observe une certaine diversité des profils d’investissement selon les pays d’origine, les délocalisations massives vers l’est dans le manufacturier allemands contrastant par exemple avec le maintien d’importants investissements de services et de haute technologie américains en Europe de l’ouest.

3. Progression des fonctions d’appui tertiaire. L’approche par fonction montre une assez forte domination de la fonction « production en termes d’emplois créés. (70,8 % du total). Par contre, la part des fonctions d’appui tertiaire (logistique, R&D, quartiers généraux, etc.) est beaucoup plus élevée en termes de projets (62,9 %). L’écart entre ces deux chiffres s’explique par une taille unitaire beaucoup plus élevée des projets de production. On observe une tendance à la progression de la part des fonctions tertiaires d’appui, dont la part dans les créations d’emplois en Europe est passée de 25,4 % en 2002 à 33,0 % en 2005…

4. Progression des secteurs de haute technologie et des services. La part des secteurs de services, des logiciels, et du manufacturier à haute valeur ajoutée (biotechnologies, médicaments, composants et matériels électroniques, aéronautique…) dans les créations d’emplois « internationaux » en Europe est ainsi passée d’environ un tiers en 2002 à plus de 40 % en 2005. L’automobile reste cependant, sur l’ensemble de la période le principal secteur de création d’emplois (30,2 %.

5. Bonne position des pays d’Europe de l’ouest dans le domaine des services et des hautes technologies. Les pays d’Europe de l’ouest ont capté entre 2002 et 2005 plus des trois-quarts des projets des firmes multinationales en Europe Ils conservent en effet de bonnes positions sur les activités de services à forte valeur ajoutée et les industries de l’innovation, ainsi que sur les activités dont la localisation est liée à la proximité au marché.

6. Bonne position des pays d’Europe de l’est sur la production manufacturière dans les secteurs intensifs en main d’œuvre. Les pays d’Europe de l’est ont bénéficié d’un afflux de projets de production manufacturière, notamment dans le secteur automobile et les autres industries de main d’œuvre. Ils ont de ce fait attiré plus de la moitié des emplois internationaux créés par les firmes multinationales en Europe entre 2002 et 2005. Ce pourcentage élevé doit cependant être relativisé en tenant compte du fait que le contenu moyen en qualifications et en valeur ajoutée de ces emplois est sensiblement inférieur à celui des emplois créés en Europe de l’ouest (ouvrier d’usine vs ingénieurs, chercheurs et cadres).

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[1] Sur la base d’une comptabilisation partielle des emplois créés par projet. Les sondages et évaluations réalisés conduisent à estimer le taux de couverture des observatoires en termes d’emplois à environ 60 %.

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http://www.afii.fr/France/ChoosingFrance/Statistics/df_afii_bdc_fr.pdf

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