L’avenir des industries de base en France et en Europe (1989)

Editeur : Chroniques de la Sedeis, 15 novembre 1989
Auteurs : Fabrice Hatem et Christian Stoffaes

L’avenir des industries de base en France et en Europe

sedeis89 Ouverture d’une usine de 150000 tonnes de polypropylène par Atochem à Lavera ; modernisation par Orkem du site pétrochimique de Carling ; construction probable d’un vapocraqueur de 450 000 tonnes à Anvers par Neste Oy ; porjet d’usine d’électrolyse d’aluminium de 200 000 tonnes à Dunkerque … Les choses bougent aujourd’hui dans les industrie intermédiaires européennes.

Le renversement de tendance est spectaculaire par rapport au climat qui prévalait au début des des années 1980. de crises financières en subventions, de délocalisations en fermetures de sites, les industries de base européennes paraissaient alors engagées sur la voie d’un déclin que d’aucuns jugeaient déjà irreversible. Cétait dans l’électronique ou les services, nouveaux symboles de la modernité, que semblaient désormais se trouver les seules sources de l’innovation et de la croissance.

Or, depuis deux ans, un nouveau climat s’est instauré. La sidérurgie française, que l’on pensait condamnée à tendre éternellement la sébille, affiche avec Usinor-Sacilor un bénéfice de 4,5 milliards de francs pour 1988, avec des perspectives tout aussi favorables pour 1989 ; Orkem, l’ancien canard boiteux de la chimie lourde française, a, lui, réalisé un bénéfice de 3 milliards en 1988. On pourrait multiplier les exemples : Atochem, Pechiney, Elf… Le redressement de la rentabilité est général das les activités intermédiaires françaises.

Celles-co sont-elles pour autant définitivement sorties de la crise, retrouvant le chemin de la compétitivité et de la croissance ? Le mouvement de délocalisation est-il réellement stoppé ? Le regain actuel préfiue-t-il l’apparition dun novuel équilibre, ou est-il simplement imputable à des causes conjoncturelles : reprise passagère de la demande finale, baisse du prix des hydrocarbures ?

Cette dernière question, derrière son apparente simplicité, recèle en fait une ambiguité. Elle confond en effet deux aspects de plus en plus distincts : d’une part, le problème de la localisation géographique des industries, et, d’auter part, celui de la nationalité de groupes qui exerceront demain une domination sur le marché mondial.

Première question : L’Europe, et, en particulier la France, sont-elles en mesure d’offrir aux entreprises de la pétrochimie ou de l’aluminium des avantages suffisament attractifs en termes de savoir-faire, de productivité, de proximité au marché final, pour rivaliser avec des zones mieux dotées en ressources énergétiques ou disposant d’une main d’oeuvre à faible coût ?

Deuxième question : les groupes industriels à capitaux français sont-ils aujourd’hui en mesure d’affronter les enjeux de la fin du siècle, qui ont noms mondialisation des marchés, course à l’innovation, recherche de la flexibilité industrielle et commerciale ?

Fabrice Hatem et Christian Stoffaes

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