Cinq industries de base face à l’Europe (1989)

Editeur : Revue du Crédit National, n°63, 4ème trimestre 1989
Auteurs : Fabrice Hatem, Bruno Meltzheim

Cinq industries de base face à l’Europe

creditnat91 dans les années 1950 et 1960, les industries de base s’étaient trouvées au coeur du développement des économies de l’OCDE ; elles avaient même pris valeur de symbole, au point que la puissance industrielle d’un pays semblait s’identifier au niveau de sa production d’engrais ou d’acier.

A partir des années 1970, cependant, les filières métalliques, les matériaux de construction puis, plus tardivement, la chimie de base ont connu dans les pays européens et en France une crise plus profonde que l’ensemble de l’industrie. Le ralentissement, voire le déclin, des besoins en tonnage dans les pays développés, aggravé par la concurrence des nouveaux pays industriels, ont en effet profondément destabilisé ces activités. De déficits financiers en subventions publiques,de fermetures de sites en délocalisations, des interrogations sont même apparues sur l’avenir de certaines de ces industries, en France comme dans le reste de L’Europe.

Les années récentes ont cependant apporté l’espoir d’un retournement de tendance. Des efforts de restructuration et de modersnisation ont permis un très net redressement de la situation financière des industries de base, comme le montre en France le retour aux benéfices des grandes entreprises nationalisées. Dans plusieurs secteurs, les investissements de capacité ont repris.

l’embellie actuelle est-elle un répit passager imputable à des causes conjoncturelles, on annonce-t-elle le retour des industries de base à un nouvel équilibre ? Quels sont, dans ce contexte, les atouts dont dispose notre pays et ses principales entreprises ?

Le sujet est d’autant plus actuel que le prochain achèvement du marché unique pourrait entraîner, dans les industries de base comme ailleurs, des évolutions significatives : accélération des mouvements de rachats, de fusions ou d’accords internationaux ; rationalisation du portefeuille des sites industriels européens, spécialisation des différents pays au sein de la CEE…

Or, face à l’enjeu du grand marché, comme face aux autres défis de lafin du siècle, la situation de l’industrie française est très variable selon les activités, comme le montrent les 5 exemples qui seront analysés dans cet article : l’acier, l’aluminium, la chimie de base, le ciment et le verre plat.

Fabrice Hatem et Bruno Melzheim

 

 

 

 

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