1990.L’Etat et la société française en l’an 2000 (1990)

Editeur : Esprit, octobre 1990
Auteur : Fabrice Hatem

L’Etat et la société française en l’an 2000

esprit Cet article constitue une présentation des travaux du groupe « Horizon 2000 », dont le rapport, rédigé par Bernard Cazes, Paul Thibaud et Fabrice Hatem, vient d’être publié aux Editions La Découverte. Présidé par Emmanuel Le Roy Ladurie et composé d’une vingtaine d’intellectuels, de scientifiques, de hauts fonctionnaires et de représentants du monde des affaires, ce groupe a été constitué à l’occasion des travaux du Xème plan, dont il était chargé d’éclairer la préparation par un regard sur les problèmes du long terme.

Le groupe a plus particulièrement centré ses réflexions sur la question de l’identité française et de son avenir. Que voudra dire être français en l’an 2000 ? Une question aussi complexe nous a évidement conduits à aborder un très large éventail de thèmes, depuis la langue française jusqu’à l’immigration, en passant par la crise du système éducatif et les conséquences de la mondialisation économique.

Un thème fédérateur est cependant progressivement apparu : celui de la place de l’Etat dans la société française de demain. Si, comme nous le croyons ; l’identité française est avant tout un lien politique ; si elle s’est constituée à travers l’Etat et par rapport à lui, alors il faut chercher le nœud du malaise identitaire actuel dans la double crise que connaît aujourd’hui notre Etat, touchant à la fois à sa légitimité et son efficacité.

A l’extérieur, le mouvement vers une réglementation démocratique du monde, fondée sur des valeurs communes à l’ensemble de l’humanité, bouscule les souverainetés nationales, fondements traditionnels de la légitimité démocratique. A l’intérieur de nos frontières, le modèle politique français, fondé suer la combinaison d’un activisme étatique et d’un individualisme passif se renforçant mutuellement, risque de déboucher à court terme sur la paralysie et l’irresponsabilité.

Il devient donc urgent de réformer notre modèle d’action collective, en transformant l’Etat autoritaire en Etat animateur, en stimulant les capacités d’initiative de la société, en développant une culture de la responsabilité individuelle.

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