L’Etat sans moi

Lorsque j’ai commencé ma carrière professionnelle, il me semblait que l’une des nobles tâches que je pouvais accomplir était de servir l’Etat. Dans mon esprit, l’Etat français était un formidable démiurge, éclairé, protecteur et modernisateur, capable de mener la société française sur les chemins du progrès.

J’ai donc embrassé une carrière d’économiste dans le secteur public pour contribuer à éclairer les choix de l’Etat et de ses grandes entreprises par mes supposées lumières.

J’en ai tiré beaucoup de joies, même si au fil du temps, le doute s’est installé dans mon esprit sur mes  propres capacités à accomplir valablement cette mission.

Mais aujourd’hui, ma vision de l’Etat a profondément changé. En mal. Je ne le vois plus, en effet, comme le principal acteur du progrès en France, mais comme un sorte de tyran, un Moloch qui opprime et maltraite la société française.

Spoliation fiscale, étouffement législatif et réglementaire, surveillance policière généralisé, et maintenant déferlement des lois morales censées régir nos comportements personnels et bientôt censurer nos opinions : c’est une sorte de dictature insidieuse qui se met ainsi en place devant nos yeux effarés.

Et, de plus, cet Etat obèse, écrasant, protéiforme, est en plus en plus fréquemment dirigé, à travers le jeu du « dégagisme » électoral, par des personnes arrivées presque par hasard à la tête d’un ministère,  et qui se révèlent rapidement dogmatiques, incompétentes, incontrôlables et promptes à l’abus de pouvoirs. Avec en conséquences des lois mal faites et des programmes bâclés qui peuvent faire un mal énorme au citoyen ordinaire.

N’aurons-nous bientôt d’autre choix, devant cette inquiétante perspective, qu’entre la fuite, la soumission passive et la révolte ouverte ?

Désormais, cet Etat que j’admirais et que j’aimais, je le déteste et je le crains.

Cet Etat que j’étais si fier de servir, je passe désormais le plus clair de mon temps à le dénoncer, et pour ce qui me concerne personnellement, à me battre en permanence pour l’empêcher de me spolier et de réduire chaque jour un peu plus mon espace de liberté.

Voilà, cette expérience personnelle, cette déception d’une vie, est aussi un peu l’origine cachée du livre que je suis en train d’écrire, « La dictature insidieuse », dont vous pouvez lire ici le premier projet de synopsis …

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