Diarios de Motocicleta (Carnets de voyage)

Comédie dramatique de Walter Salles, 2004, Brésil, Etats-Unis, Chili, Pérou, Argentine, 126 minutes

ImageAu printemps 1952, deux jeunes étudiants argentins, Ernesto Guevara et Alberto Granado, partent de Buenos Aires en moto pour accomplir un périple de plusieurs mois à travers l’Amérique latine. Celui-ci les conduit de la Patagonie jusqu’au Venezuela en passant par la Cordière des Andes, les hauts-plateaux de l’Altiplano et le bassin de l’Amazonie où ils travaillent plusieurs semaines dans une léproserie. En chemin, ils prennent conscience de la misère et des justices dont sont victimes les populations qu’ils rencontrent….

Diaros de Motocicleta est d’abord un magnifique Road Movie, un genre dans lequel excelle Walter Salles, qui nous avait déjà gratifiés quelques années auparavant de l’émouvant Central do Brazil. Les images sont inoubliables : lacs de montagne enchâssés entre de vertigineux sommets, visages burinés de peones conduisant leurs troupeaux, petits bals populaires dans des bourgs somnolents, remontée de fleuves amazoniens sur de vieux vapeurs dignes de Fitzcaraldo… De multiples incidents, comiques ou plus graves, émaillant le voyage : accidents de motos, rencontres amoureuses de hasard, tente emportée par le vent, crises d’asthme dont Ernesto manque de mourir, désespoir de cette jeune lépreuse qui refuse de se faire opérer…  Malgré les chamailleries et les agacements réciproques, cette aventure partagée cimentera une indéfectible amitié entre nos deux personnages si dissemblables, l’un Alberto, débrouillard et jouisseur, l’autre Ernesto, idéaliste et généreux jusqu’à l’oubli de lui-même.

Mais le film, basé sur des faits réels, est aussi l’histoire de la prise de conscience, par nos deux héros, des injustices dont sont victimes les populations qu’ils rencontrent : terres volées, salaires indignes, conditions de vie misérables, racisme … A la fin du film, Ernesto Guevara, le futur « Che », transfiguré par l’expérience qu’il vient de vivre, entamera la carrière révolutionnaire qui le fera entrer dans l’histoire…

Walters Salles nous transmet le charme lumineux du « Che » – qui à l’époque n’est encore qu’Ernesto, mélange de séduisant héros romantique, d’aventurier de bande dessinée et d’humaniste christique. Il lui manque encore, bien sûr, la dimension historique qu’il acquerra quelques années plus tard, et dont le réalisateur a le bon goût de ne pas souligner les prémisses de manière trop agiographique. Parfois même, ses indignations idéalistes paraissent quelque peu naïves, et ses élans de générosité, presque immatures… A noter toute de même la très belle scène des adieux à la léproserie : les malades et les soignants communient alors dans un vibrant enthousiasme pour un Ernesto charismatique, où l’on perçoit  déjà l’étoffe du héros révolutionnaire qu’il va bientôt devenir….

Fabrice Hatem

Pour plus de renseignements : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=33464.html

Pour consulter quelques images de ce film : http://www.youtube.com/watch?v=EbrFJ7JiUmQ

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