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Films musicaux nord-Américains après 1968

Save the last dance

Drame psychologique de Thomas Carter, avec Julia Stiles et Sean Patrick Thomas, 2001, Etats-Unis, 112 minutes.

Après la mort accidentelle de sa mère, le jour même de son échec à un examen d’entrée dans une prestigieuse école de danse, Sara, profondément affectée, vient s’installer dans l’appartement délabré de son père, au cœur d’un quartier noir de Chicago. Elle y rencontrer Derek, qui va l’aider à se reconstruire, en faisant renaître sa passion pour la danse tout en l’initiant au Hip-Hop. Mais les couples interraciaux ne sont pas toujours bien acceptés….

ImageMalgré ses incontestables qualités, ce film m’a quelque peu déçu. Pourtant, son scénario cohérent, sa vision sans manichéisme facile ni dramatisation excessive des réalités urbaines de l’Amérique contemporaine, la crédibilité psychologique de son personnage principal – une femme au caractère fort, mais murée dans sa souffrance silencieuse – provoquent intérêt et empathie chez le spectateur. Mais le jeu un peu trop retenu de Julia Stiles, l’agaçant côté « boy friend idéal » de Sean Thomas, nuisent à l’intensité dramatique de l’œuvre.

ImageLes personnages passent aussi beaucoup trop de temps à parler. Les longues séquences de dialogues au cours desquels chacun d’entre eux détaillent leurs difficultés personnelles nuisent fortement à la dynamique du récit, et, pour dire les choses plus simplement, provoquent à la longue un sentiment d’ennui.

ImageMais surtout, les amateurs de danse risquent de sortir un peu déçus de la projection. Le film, en effet, n’a apparemment pas pour ambition de nous présenter des prestations chorégraphiques particulièrement réussies, mais de nous faire entrer dans la psychologie et dans l’histoire personnelle d’un personnage taraudé par une passion déçue pour la danse.

ImageDans le film, la  fonction essentielle des scènes de danse n’est donc pas de nous faire admirer cet art mais de nous montrer les sentiments multiples – découvertes émerveillées, souffrances de l’effort, déceptions et joies – éprouvés par ceux qui lui consacrent leur vie.

ImageDéception, lorsque Sara rate, sur un faux pas, son premier examen d’entrée à l’école de ballet. Découverte, lorsqu‘elle voit pour la première fois danser un hip hop tonique, mais désordonné, par le public « tout-venant » du night-club Steeps où elle a été invitée. Effort, lorsqu’elle essaie maladroitement, sous la direction de Derek, de s’initier à ce style si différent de la danse classique et contemporaine qu’elle a pratiqué jusque là. Souffrance, lorsque le spectacle de ballet (splendide, mais dont nous ne voyons que quelques très courtes scènes) auquel l’a invité Derek, lui rappelle son deuil et son échec. Enfin, joie, lorsqu’elle finit par être admise à l’école de ballet, grâce à la chorégraphie associant danse moderne et Hip Hop qu’elle a mis au point avec Derek.

Mais même cette scène – qui en principe devrait constituer le couronnement du film pour sa partie dansée – nous laisse un peu sur notre fin. La solitude de Sara sur une scène sans apprêts, le caractère un peu scolaire de sa prestation en solo devant un jury silencieux, et plus simplement le fait que sa prestation – peut être du fait d’une volonté délibérée de réalisme du metteur en scène – ne dépasse pas un niveau de très honnête médiocrité, ne permet pas au spectateur de s’enthousiasmer pour la partie dansée stricto sensu de cette séquence.

ImageMalgré d’assez mauvaises critiques, le film a connu un grand bon succès commercial à sa sortie, notamment auprès du public adolescent. Un remake vidéo Save the Last Dance 2, est sorti en 2006.

Pour en savoir davantage sur le Save the Last Dance, consulter la fiche Wikipedia. Pour visionner le film complet, cliquez sur Save.

Fabrice Hatem

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