The Bandwagon (Tous en scène)

ImageFilm musical de Vincente Minnelli, musique d’Arthur Schwartz et Howard Dietz, chorégraphie de Michael Kidd, avec Fred Astaire, Cyd Charisse, Oscar Levant, Nanette Fabray Jack Buchanan, Etats-Unis, 1953, 111 minutes.

Tony Hunter, vedette de la comédie musicale passé de mode, rate son come back à New York dans une tragédie ampoulée et prétentieuse. Avec le soutien de la troupe, il la transforme en une comédie musicale joyeuse et plaisante. Parviendra-t-il par la même occasion à conquérir le cœur de sa belle partenaire, la danseuse Gabrielle Gérard ?

ImagePar plusieurs de ses aspects, The Bandwagon illustre les liens étroits qui ont historiquement uni le film musical américain et les spectacles de Broadway.

Tout d’abord, parce qu’il constitue la transposition à l’écran d’une comédie musicale du même nom, créée à Broadway en 1931, pour laquelle  furent écrites plusieurs des chansons du film et où jouaient Fred Astaire and sa soeur Adèle.

ImagePar ailleurs, l’intrigue du film a elle-même pour arrière-fond le milieu théâtral New-Yorkais, dont il parodie la vanité et les travers, tout en mettant en valeur la beauté du métier d’artiste de scène (That’s entertainment).

Le film nous fait également bien ressentir, sur un mode volontiers burlesque, le climat de tension accompagnant la préparation d’un spectacle : brouilles, retards, scènes à remanier à la dernière minute, effets scéniques manqués, attente anxieuse de la première …

ImageRéunissant la fine fleur de la comédie musicale américaine, The Bandwagon peut être considéré comme l’un des plus grands chefs d’œuvre du genre. Cyd Charisse, au sommet de sa voluptueuse beauté, et Fred Astaire, en danseur sur le retour d’âge, y forment un couple d’une grand richesse expressive, alternant les scènes de danse romantiques et érotiques, avec en guise de bouquet final une parodie de film noir à faire pâlir d’envie Howard Hawks et Ramon Chandler (Girl Hunt). Jack Buchanan joue avec un talent ébouriffant le rôle de Jefrey Cordova, un homme de théâtre à la mode, à l’égo ridiculement hypertrophié mais au cœur généreux. Le couple Oscar Levant-Nanette Fabray introduit une note à la fois burlesque et chaleureuse. La troupe des comédiens-danseurs dégage une juvénilité joyeuse et revigorante.

ImageLa mis en scène est ménée avec maestria par un Vincente Minnelli jouant sur tout l’arc en ciel des couleurs et des sentiments : nostalgie de l’acteur passé de mode (By Myself) ; romantisme pudique de la relation amoureuse entre Fred Astaire et Cyd Charisse (Dancing in the Dark), contrastant avec les scènes joyeuses et rythmées de leur spectacle ; extraordinaire numéro de danse solo, en forme de tableau de music hall, de Fred Astaire (A Shine on Your Shoe).

Notons pour conclure la structure curieuse, mais finalement très efficace, du scénario : la description de l’échec initiale de la pièce tragique, qui en principe ne devrait constituer qu’un prologue à l’intrigue principale, couvre environ les deux premiers tiers du film, Imagereléguant au dernier tiers l’histoire de la comédie musicale à succès qui lui fait suite (New Sun in the Sky, Triplets, Louisiana Ride). Quant aux quinze dernières minutes du film, elles sont entièrement consacrées à la célébrissime chorégraphie Girl Gunt qui constitue à elle seule une petite comédie musicale à plusieurs tableaux. Mais cette construction apparemment étrange a pour effet de provoquer un prodigieux effet d’accélération, entraînant de manière irrésistible le spectateur dans la vertigineuse mise en abyme des scènes finales.

Fabrice Hatem

Pour plus d’informations, consulter la fiche Wwikipedia. Pour visionner le trailer, cliquez sur : Trailer

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