Le secteur du tourisme dans la région méditerranéenne

Editeur : notes et études Anima n°19, juin 2006

Auteur : Fabrice Hatem

Le secteur du tourisme dans la région méditerranéenne

Le développement rapide du tourisme international au cours des 50 dernières années a ouvert des opportunités dont les pays MEDA ont commencé à tirer parti. L’activité touristique contribue, directement ou indirectement, à plus de 10 % du PIB et de l’emploi dans l’ensemble de ces pays. Cependant, leur part de marché mondiale reste relativement limitée : 50 millions d’entrées en 2004, soit 6,6 % du total mondial[1].. Malgré l’impressionnant potentiel touristique de la région méditerranéenne, l’essor de cette activité est en effet freiné par toute une série de facteurs : instabilité politique, insuffisance de l’offre d’hébergement et de services en qualité et en quantité, faible diversité des produits offerts, compétitivité de régions concurrentes comme l’Asie du Sud-Est.

La situation diffère cependant beaucoup d’un pays à l’autre. La Turquie, par exemple, constitue déjà une destination touristique majeure. Le tourisme représente le premier secteur économique de Malte et de Chypre. Israël et le Liban attirent un tourisme à haut pouvoir d’achat auquel ils offrent des prestations de qualité. L’Egypte et le Maroc, ainsi que la Tunisie, ont déjà commencé à diversifier leur potentiel (par exemple, tourisme médicalisé en Tunisie). Celui-ci reste par contre largement sous-exploité dans des pays comme l’Algérie, la Syrie et la Palestine, et dans une moindre mesure en Jordanie.

Il existe dans plusieurs pays un débat sur l’opportunité de faire du tourisme un axe prioritaire de développement. L’existence d’impacts environnementaux et sociaux négatifs, la dépendance par rapport à des flux d’entrée très saisonniers et sensibles aux événements politiques, enfin la lourdeur des investissements nécessaires sur l’ensemble de la filière sont à cet égard souvent évoqués. Trois types d’arguments laissent cependant penser que le développement de ce secteur est souhaitable dans les pays MEDA. Tout d’abord, il s’agit d’une activité à fort contenu en services et en emplois et qui peut constituer une importante source d’entrées de devises fortes.

Ensuite, le dynamisme du marché mondial, la proximité de deux grandes régions d’origine des flux touristiques (Europe et Golfe persique), l’importance du potentiel local (qualité du climat, diversité des paysages, patrimoine culturel, traditions d’hospitalité), l’image très positive de la Méditerranée, représentent autant de facteurs de croissance. Enfin, un tourisme « durable », respectueux de l’environnement et bien intégré à la société locale, constitue un facteur structurant du développement économique : amélioration de la qualité de l’offre de services privés (hébergement, transports) et collectifs (santé, sécurité, environnement et cadre de vie…), ouverture des mentalités, contribution à la notoriété internationale du pays d’accueil.

La plupart des pays de la région misent donc fortement sur le développement de cette activité. Plusieurs d’entre eux ont mis en place des programmes de développement ambitieux, reposant sur la modernisation et l’extension de l’offre d’hébergement, l’amélioration de la qualité des services, la diversification et la montée en gamme des produits offerts.

Ces objectifs supposent bien sûr une mobilisation coordonnée des acteurs locaux de la filière. Mais ils ne pourront sans doute être atteints sans recourir aux entreprises internationales du secteur. Celles-ci peuvent notamment apporter capitaux et savoir-faire, contribuer à l‘accroissement quantitatif des capacités d’accueil et à la mise aux normes internationales de l’offre locale de services, jouer un rôle catalyseur pour la définition de produits adaptés aux attentes du consommateurs et aux tendances du marché, enfin appuyer la promotion du pays par la mise des produits en catalogue et leur commercialisation dans leurs réseaux.

Or, force est de constater que les pays MEDA ne constituent pas pour l’instant une priorité majeure pour la plus grande partie des acteurs de la filière, qu’il s’agisse des chaînes hôtelières, des distributeurs ou surtout des tours opérateurs, qui, du fait de leur pouvoir de marché croissant, jouent un rôle clé dans la définition des produits touristiques et leur commercialisation. A quelques exceptions près, comme Accor ou le Club Méditerranée, ainsi que des investisseurs originaires des pays du Golfe, les grands opérateurs internationaux n’ont pour l’instant pas massivement investi dans la région.

L’amélioration de l’attractivité de la région auprès de ces opérateurs suppose trois niveaux d’action complémentaires : au niveau global, une amélioration du climat général des affaires et de l’image des pays MEDA auprès des investisseurs ; au niveau sectoriel, la définition d’une politique de développement touristique cohérente, intégrée dans une approche plus large d’aménagement du territoire, reposant sur une évaluation objective du potentiel local et des tendances du marché, et impliquant l’ensemble des acteurs concernés ; enfin, la mise en œuvre d’une politique de promotion/prospection ciblée auprès des différents acteurs internationaux de la filière, et destinée à valoriser les potentiels nationaux, mais également ceux de la région dans son ensemble. On peut ainsi imaginer la création d’une marque « Méditerranée », des circuits associant plusieurs pays et des actions de promotion concertées dans différentes enceintes. Les agences de promotion de l’investissement peuvent jouer un rôle significatif en ce domaine.

[1] Rappelons que la France, à elle seule, accueille environ 75 millions de touristes par an, avec, il est vrai, une part importante de tourisme de transit

Pour télécharger cette étude, cliquez sur les lien suivants : tourisme ou http://www.animaweb.org/uploads/bases/document/Tourisme.pdf

Pour consulter un powerpoint de présentation, cliquez sur : tourisme (ppt)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *