Catégories
Tangueros et tangueras

Attention, danger : pieds fragiles

Editeur : la Salida n°16

Auteurs : Delphine Sadier et Fabrice Hatem (dessins de Claire le Gal)

Attention, danger : pieds fragiles

Le tango sollicite les différentes parties du corps, pour le meilleur ou pour le pire si les positions sont incorrectes, les sols trop dur, l’effort trop prolongé. Le pire est arrivé cet été à Delphine Sadier, qui a souffert au pied droit d’une tendinite, d’une sésamoïdite et d’une fracture de fatigue d’une orteil, très douloureuses et invalidantes. Pour que cette expérience malheureuse serve de mise ne gare, nous vous faisons part des informations et des conseils recueilles à cette occasion auprès de spécialistes.

Cinq pathologies majeures menacent le pied du tanguero :

– La tendinite : inflammation des tendons, très douloureuse et invalidante, due aux sollicitations répétées sur longue durée. Peut entraîner un arrêt complet, y compris de la marche. Peu demander un traitement aux anti-inflammatoires, avec conséquences secondaires (gastrite).

– La sésamoïdite : inflammation des sésamoïdes, petits os situés à la jonction du gros orteil et du métatarse. Se traduit par les mêmes symptômes que le tendinite.

– Le claquage ou la déchirure musculaire : surviennent à l’occasion d’un effort violent ; impliquent un arrête complet d’activités physiques, suivi de rééducation jusqu’à la reconstitution des tissus musculaires.

– L’écrasement des cartilages : dû à une position non naturelle du pied (compression des chaussures trop étroites, poids trop concentré sur les coussinets. Non douloureux, mais affaiblit l’attache des orteils au reste du pied. Le cartilage endommagé ne se reconstitue jamais.

– La fracture de fatigue : fissure d’un os due à sa trop grande sollicitation ; douloureux et invalidant. Nécessite un repos complet de 4 à 6 semaines.Image

Ces pathologies peuvent également toucher, sous d’autres formes, le genou, la hanche, le dos et les épaules. Les tangueras y sont particulièrement exposées : port de chaussures à talons, fréquence des pivots (le pied droit étant particulièrement sollicité).

Pour éviter les problèmes, les spécialistes (médecins, kiné, etc.), donnent les conseils suivants :

– Ne pas abuser du plaisir de la danse. Plus la pratique du tango est importante, plus le danseur est exposé aux risques cités. Au cours d’une longue soirée de danse, il est très important de faire des pauses de manière à ménager le pied :

– Avant de commencer à danser (et à la fin du bal), pratiquer un échauffement : massages du pied, étirement des orteils (dé-cooptation pour contrebalancer l’effet d’écrasement lié à la danse ;

– Consulter rapidement un médecin au premier signe douloureux. Une douleur est un signal d’alerte qui ne doit pas être pris à la légère. Une tendinite est une chose sérieuse qu’il faut soigner rapidement afin d’endiguer l’inflammation qui, elle, est irrémédiable et peur nécessiter une intervention chirurgicale ;

– Eviter de danser sur les sols durs et insuffisamment glissants ; sur le ciment, toutes les formes sont renvoyées en totalité dans les jambes, alors que les parquets en bois absorbent ces forces ; en résumé, méfiez-vous des quais de la Seine, surtout à haute dose.

– Se faire faire une paire de semelles orthopédiques. Celles-ci vont aider à équilibrer les appuis et à mieux répartir la charge. Ce conseil est autant valable pour les danseurs que pour les danseuses.Image

– Entretenir en permanence le pied avant que les problèmes ne surviennent : séances de massage et d’ultra-sons chez un kinésithérapeute… On mentionnera également l’intérêt de la barre au sol et du stretching pour l’assouplissement et la tenue musculaire.

– Bien travailler les positions de base en décrispant le pied à l’intérieur de la chaussure. Il est également très important de poser le talon par terre en dansant pour ne de pas faire reposer le poids du corps que sur l’avant du pied. Ceci doit être intégré dans l’apprentissage de la danse.

Le tango conduit souvent l’aficionado à des pratiques d’une intensité comparable à celle d’un sport de compétition. Lorsque l’on n’a qu’une formation légère de danseur de loisir, on n’est pas préparé à de tels efforts. Si l’on ne prend pas les précautions nécessaires, on prend le risque de « casser ».son corps.

Delphine Sadier et Fabrice Hatem

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *