1991/Individualisme et démocratie : l’impossible équation française (1991)

Editeur : Pouvoirs locaux, n°9, juin 1991
Auteur : Fabrice Hatem

La réforme de l’Etat : entre individualisme de repli et démocratie planétaire

pouvoirslocx1991 Un modèle républicain au bout de sa logique, une identité nationale à l’épreuve du doute, une société à la recherche de nouvelles références collectives : si d’éminents observateurs de la vie politique française ont récemment formulé, séparément, chacun de ces trois diagnostics, l’évidente liaison entre ceux-ci a été, pour l’instant, davantage suggérée que considérée comme un objet d’étude en soi. Cette synthèse a été tentée par un groupe de travail du Commissariat au Plan, réunissant une vingtaine d’observateur et acteurs éminents de la société française sous la direction d’Emmanuel Le Roy Ladurie.

L’hypothèse fondamentale de cette réflexion consiste à placer le lien politique au cœur de l’identité nationale comme de la société française. Dès lors, si la conscience d’être français comme les formes concrètes de la vie collective ramènent toutes deux à une certaine forme de relation à l’Etat, on peut inversement supposer que tout ébranlement du « modèle républicain » aura pour notre pays des conséquences qui iront bien au delà de la sphère politique au sens strict du terme. Or, notre Etat connaît bien, aujourd’hui, une crise tenant à la fois à son efficacité et à sa légitimité, à sa relation au monde et à la société française

A l’extérieur, le mouvement vers une « réglementation démocratique du monde », fondée sur des principes et des valeurs communs à l’ensemble de l’Humanité, bouscule les souverainetés nationales, fondements traditionnels de la légitimité politique dans nos démocraties. A l’intérieur, le modèle politique français, fondé sur la combinaison d’un activisme étatique protéiforme et d’un individualisme de repli se renforçant mutuellement, risque aujourd’hui de déboucher sur un sentiment généralisé de passivité et d’irresponsabilité.

Il faut donc réformer notre modèle d’action collective, en transformant l’Etat autoritaire en Etat animateur, en stimulant les aptitudes de la société à se prendre elle-même en charge, en développant une culture de la responsabilité individuelle, en créant ou en réanimant des lieux de rencontre et de dialogue où pourront s’élaborer et se négocier les choix collectifs.

Fabrice Hatem

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