Electronucléaire : le tournant de l’internationalisation (1990)

Editeur : revue Economie et prospective internationale, n°41, 1er trimestre 1990
Auteurs : Fabrice Hatem et Fabienne Salaun

Electronucléaire : le tournant de l’internationalisation

cepii90 le marché mondial de l’électronucléaire a été caractérisé au cours des dix dernières années par un assèchement progressif des commandes de centrales et par une montée parallèlle des marchés des combustibles, des services et de la maintenance. L’existence de ces débouchés prometteurs, ainsi que la perspective d’une reprise de la construction nucléaire d’ici la fin du siècle, expliquent qu’aucun des grands groupes industriels présents à la fin des années soixante-ix n’ait décidé pour l’instant de mettre un terme à ses activités dans l’électronucléaire. La plupart poursuivent un veille technologique pour la mise au point des réacteurs de l’an 2000. Cependant , ils ont été affectés de manières diverses par l’évolution des marchés.

Les grouopes nord-américains ont réussi, par une reconversion précoce, à retrouver une rentabilité satisfaisante dans les activités électrotechniques, mais au prix d’une perte de substance industrielle ; ls sont aujourd’hui menacés par d’une perte de leadership, tant dans le domaine des technologies nucléaires que dans l’électrotechnique classique. L’industrie européenne, autrefois très cloisonnée autour de « champions nationaux », a entrepris sa restructuration autour de trois pôles de dimension internationale (ABB, Siemens-KWU, Framatome) ; mais les incertitudes demeurent quant à la répartition des activités électronucléaires enter ces trois groupes. Quant aux industriels japonais, ils étaient jusqu’ici restés assez discrets dans l’électronucléaire. Mais, bénéficiant encore, contrairement à leurs concurrents, d’un marché intérieur significatif, ils s’efforcent de renforcer leur maîtrise technologique et pourraient bien devenir, d’ici la fin du siècle, des concurrents redoutables sur le marché international.

le jeu mondial dans l’électronucléaire reste donc extrèmement ouvert, d’autant que la domination actuelle de la filière PWR n’est pas forcément durable. En effet, la reprise du marché de la contruction pourrait éventuellement se faire autour de concepts techniques nouveaux : ABWR, réacteurs à haute température, voire surrégénérateurs. Les rapports de force entre groupes industriels pourraient alors se modifier radicalement au profit des concepteurs de la nouvelle filière dominante.

Fabrice Hatem et Fabienne Salaun

Pour en savoir plus sur la revue Economie et Prospective Internationale et son éditeur le CEPII : www.cepii.fr

 

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