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Editoriaux de la Salida

La Salida n°30 : Hommage à Astor Piazzolla

Editeur : La Salida n°30, Octobre-Novembre 2002

Auteur : Fabrice Hatem

Hommage à Astor Piazzolla

salda30 Il y a dix ans, Astor Piazzolla nous quittait. Nous avons voulu rendre hommage dans ce numéro à celui qui a révolutionné la musique portègne.

Astor Piazzolla, c’est d’abord le rejeton d’une famille pauvre d’origine italienne, balloté entre New York et l’Argentine, mais poussé sans relâche par son père vers une carrière de musicien de tango. De cette enfance et de cette jeunesse à la fois tourmentées et lumineuses, le livre de sa fille Diana, Astor, nous offre un témoignage émouvant et original.

La relation de Piazzolla au tango est complexe. La passion est en effet mêlée d’un rejet parfois violent de certains aspects de cette musique et d’une attirance pour d’autres formes d’expression artistique, comme le jazz, la musique classique, le cinéma. Le résultat est une œuvre profondément innovante, exigeante, bousculant les traditions poussiéreuses et ouverte vers le métissage. Plusieurs articles de ce numéro apportent des éclairages originaux sur différents aspects de la recherche piazzollienne.

Engagé dans un effort de renouvellement en profondeur de la musique portègne, Astor a trouvé en Horacio Ferrer un alter ego poétique. Cette association s’est traduite par une riche production pyrique, à laquelle nous rendons hommage à travers une traduction commentée de Balada para mi muerte, l’une des plus belles chansons de l’opérette Maria de Buenos Aires.

Aujourd’hui, Piazzolla est honoré dans le monde entier. Sa discographie est immense. De nombreux sites internet lui sont consacrés, que Felipe a explorés pour vous. Mais l’attitude des danseurs envers lui reste ambiguë. Si plusieurs chorégraphes ont su exploiter la richesse expressive de sa musique, les danseurs de bal restent encore réticents, et les initiatives d’Alain de Caro ou de Tango de Soie, qui ont voulu honorer sa mémoire au cours de l’été, restent encore trop isolées dans notre milieu. Les associations et les disc-jockeys ont un rôle important à jouer pour que notre communauté ne se sclérose pas dans l’écoute répétitive des vieilles cires des années 1930, mais s’ouvre aussi à une musique plus contemporaine. C’est du moins l’opinion de Christian Glaize, DJ de Montpellier et fervent adepte de la programmation de Piazzolla au cours des bals, qui nous invite à poursuivre ce débat sur le forum du site www.letempsdutango.com

Fabrice Hatem

Pour consulter le sommaire complet de ce numéro, cliquez sur : www.lasalida.info

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