De l’Etat-providence à l’Etat-Policier

Les français vivent depuis bien longtemps dans la religion de l’Etat -Providence, capable par ses efforts éclairés de remédier à tous les maux de la société.

Ce mythe de l’Etat-Providence a longtemps eu pour pilier principal la dépense publique : chaque problème social identifié faisant l’objet d’une aide, d’une subvention ou d’un programme de recrutement de fonctionnaires destiné à le résoudre.

Bien sûr, pour financer cette corne d’abondance, il était nécessaire d’augmenter les impôts, mais le jeu en valait la chandelle et ceux qui protestaient étaient désignés à la vindicte générale comme de mauvais citoyens égoïstes.

Aujourd’hui, cette logique d’augmentation sans fin de la dépense publique est arrivée à son aboutissement logique, en forme d’impasse : la pression fiscale française est devenue la plus élevée du monde, ce qui n’empêche pas l’endettement public d’atteindre des sommets faisant planer le risque d’une future faillite souveraine. De plus, l’invraisemblable dispersion des interventions publiques fait que plus aucune d’entre elles, faute de moyens et de volonté suffisants, n’est efficace, à commencer par les fonctions régaliennes (police, justice, protection des frontières…).

Alors, que faire ? Allons-nous enfin reconnaître que l’excès d’étatisme est au coeur même de la crise française, qu’il faut d’urgence faire subir à notre état-providence obèse une cure d’amaigrissement radicale pour libérer la société de son poids écrasant ?

Non, vous n’y êtes pas; On persévère, en dépit de l’évidence, dans l’illusion de cet Etat omnipotent et omniscient, capable par ses interventions judicieuses de régler tous les problèmes du pays.

Mais comme il n’y a plus l’argent, la solution de la corne d’abondance (accorder une nouvelle aide, une nouvelle subvention, etc.) est désormais impraticable. Alors il faut trouver autre chose.

Cette « autre chose » consiste à désigner des boucs émissaires aux différents problèmes du pays. Une fois ces coupables identifiés, l’Etat pourra mettre en place de nouvelles lois pour soi-disant les empêcher de nuire, et de nouveaux impôts et amendes pour les inciter à mieux se comporter désormais.

Les loyers augmentent ? C’est de la faute des propriétaires. Donc taxons les propriétaires.

Les féministes protestent contre les soi-disant violences patriarcales ? Votons toutes sortes de lois liberticides pour contrôler et réprimer les hommes et leur désir.

Le terrorisme menace ? Donnons à la police des pouvoirs sans précédents en France d’intrusion dans la vie privée et de restrictions aux libertés de chacun.

La population proteste contre ce système en crise ? Votons des lois pour réprimer la liberté d’expression et de manifestation.

L’alcoolisme ou le tabac sont des fléaux ? Augmentons les impôts sur l’alcool et le tabac.

L’environnement est en danger ? Augmentons les taxes sur l’essence, écrasons les automobilistes de prélèvements divers et inventons de nouvelles amendes contre les jeteurs de mégots.

Ce qui est vraiment bien avec toutes ces lois répressives, c’est qu’elles ne coûtent rien, qu’elles peuvent même rapporter de l’argent sous des prétextes divers, et que l’Etat peut ainsi continuer à afficher à peu de frais sa posture de garant suprême de l’intérêt général…

L’ancien Etat-providence, qui masquait jusqu’ici sa tyrannie sous les habits séduisants du père Noël, se transforme alors en Etat-autoritaire, en Père Fouettard qui surveille et punit les comportements de chacun … Après nous avoir transformés en esclaves de son délire de puissance par une insupportable pression fiscale, et en drogués des aides publiques par la multiplication des programmes sociaux, voilà qu’il prétend désormais s’immiscer en profondeur dans nos vie, dans nos familles, dans nos pensées, dans nos lits… Pour les gens ordinaires, c’est désormais double peine : en plus des impôts spoliateurs, les lois liberticides….

Un Etat qui te prend tout ton argent, qui de dit quoi faire et quoi penser, qui t’interdit plein de choses que tu aimerais faire, qui te contrôle et t’espionne, et en plus qui t’explique qu’il est la solution à tous tes problèmes; ça s’appelle comment , selon toi ? Moi, j’appelle cela un Etat totalitaire….

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