The mambo kings (les rois du mambo)

 Drame musical de Arne Glimcher, Etats-Unis, 1992, 89 minutesImageNew York, 1952. Deux frères musiciens, Cesar et Nestor, quittent Cuba où leur vie est menacée pour tenter leur chance aux Etats-Unis.

Leur carrière y connaît des hauts et des bas avant qu’ils ne rencontrent le succès avec l’orchestre qu’ils ont créé, The Mambo Kings. Mais ils sont rattrapés par le destin …

Le film reconstitue de manière saisissante l’atmosphère des cabarets new-yorkais du début des années 1950, comme l’Empire Ballroom, le Babalù et surtout le mythique Palladium Ballroom, où se produisent alors de fabuleux orchestres de Mambo et de Latin Jazz, comme celui de Tito Puentes. Rythmes latinos endiablés jouées par un big band devant des pistes de danse bondées, boléros romantiques susurrés par un chanteur dans l’intimité protectrice d’un petit night-club, producteurs à l’affut de nouveaux talents, émissions télévisées des années 1950 où les artistes latinos devaient chanter en anglais pour être acceptés par le public mainstream …. Toute une sociologie musicale est ici finement restituée.

 La bande sonore est particulièrement intéressante. Elle nous propose une vingtaine de thèmes célèbres de l’époque, commeMambo Caliente, Melao de Cana, Sh. Boon, La dicha mia, Ran Kan Kan, Cuban Pete, Para los rumberos, Ahora soy tan feliz, Como fue, Tanga Rumba Afro-cubana, Mucho Corrazon, Quiereme Mucho, Perfidia, Ponce, Guantanamera… Plus quelques jolis thèmes composés pour les besoins du film par Robert Kraft, commeBeautifull Maria of my soul. Deux grands artistes de l’époque, Tito Puente dans son propre rôle et Celia Cruz dans un personnage de fiction (elle n’était pas encore arrivée aux Etats-Unis à l’époque) prêtent leur talent à cette reconstitution très réussie.

L’intrigue est tout à fait captivante, avec sa description très crédible des hauts et des bas d’une carrière artistique et  des ambiguïtés du sentiment amoureux, avec aussi ses rebondissements aussi inattendus que ceux de la vraie vie. Mention spéciale pour la description très subtile des rapport entre les deux frères, l’ainé Cesar (Armand Assante), protecteur, dominant, séducteur et colérique, et le cadet Nestor (Antonio Banderas), sensible, vulnérable, créatif et introverti.

Cependant, si Antonio Banderas est tout à fait convaincant dans son rôle de jeune musicien cubain, on ne peut pas en dire autant d’Armand Assante, trop froid et surtout beaucoup trop raide pour un latino, notamment dans les scènes de danse.

The Mambo Kings n’en reste pas moins un excellent film, par sa triple qualité de bouleversant mélodrame, de reconstitution réussie d’une époque, et d’œuvre musicale de grande valeur.

Fabrice Hatem

Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Mambo_Kings

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