Tango maestro – The life and music of Astor Piazzolla

Documentaire de Mike Dibb, Royaume-Uni,  2004, 106 minutes

ImageCe film présente une rétrospective particulièrement approfondie de la vie du grand musicien. D’une durée et d’une densité inhabituelle pour une émission destinée à une télévision grand public (en l’occurrence la BBC), il combine harmonieusement les approches personnelles et musicographiques et s’appuie sur des documents d’archive nombreux et parfois inédits.

Il donne la parole à un ensemble impressionnant de témoins de premier plan : musiciens de ses formations successives qui décrivent de façon très détaillée sa manière de travailler et son processus créatif (Fernando Suarez Paz , Horacio Malvicino, Hector Console, Leon Jacobson, Gary Burton, Pablo Ziegler, Amelita Baltar …) ; cinéastes et écrivains qui ont étroitement collaboré avec Piazzolla (Fernando Solanas, Horacio Ferrer, …) ; artistes proches de lui ou dont l’œuvre a été inspirée par la sienne (Richard Galliano, Gotan Project…) ; interprètes  de musique classique qui ont intégré ses compositions à leur répertoire (Daniel Barenboïm, Yo Yo Ma…) ; familiers qui peuvent témoigner d’un Astor plus intime (ses enfants Daniel et Diana, sa dernière épouse Laura Escalada…).

Sa biographe María Susana Azzi nous guide vers les lieux où il a vécu, à New York, Buenos Aires, Paris, Mar del Plata ou Punta del Este. Astor Piazzolla lui-même, au cours de plusieurs entretiens d’archive, évoque les étapes clés de sa carrière, sa contribution à l’histoire du tango, ses choix esthétiques ou encore les particularités de la technique instrumentale du bandonéon.

Le documentaire nous propose également de très larges extraits des concerts et enregistrements de Piazzolla, le plus souvent en contrepoint et en illustration des thèmes évoqués dans les entretiens. Il tient un juste milieu entre une approche purement musicographique, comme celle qui nous est proposée par Emmanuelle Honorin dans son livre Astor Piazzolla, le tango de la démesure, et la vision plus intimiste et personnelle de sa fille Diana dans Astor.

Peut être le film aurait-il pu proposer un dénombrement et une classification un peu plus précis de l’œuvre de Piazzolla. Mais il s’agit néanmoins d’un document d’une valeur exceptionnelle, surtout si l’on tient compte qu’il a été produit pour la télévision, c‘est-à dire pour un média plus soucieux en général d’audience grand public que de recherches musicographiques approfondies.

Fabrice Hatem

Pour visionner des extraits de ce documentaire : http://www.youtube.com/watch?v=2gLN6esT0-c&list=PL15F01EDFD1E479F4

 

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