La Plena

Documentaire d’Amilcar Tirado, Porto Rico, 1966, 28 minutes

ImageCe court documentaire sur la musique populaire de Porto-Rico présente les faiblesses et les qualités d’une œuvre à vocation pédagogique réalisée il y a près de 50 ans par une institution d’éducation publique.

Un texte très simple, récité de manière un peu didactique, et illustré par de magnifiques images en noir et blanc, nous fait comprendre les processus d’acclimatation et de métissage ayant donné naissance à la musique populaire de l’île : arrivée d’un folklore d’origine espagnole (tonadas et leurs decimas…), apporté par les colons Blancs souvent installés dans l’intérieur des terres ; créolisation progressive de cette musique (avec par exemple l’apparitions d’instruments autochtones comme le cuatro, dérivé de la guitare…) ; et métissage avec les rythmes et tambours des esclaves noirs travaillant dans les plantations de canne à sucre des plaines côtières.

Nous découvrons ensuite les formes de cette musique syncrétique : la Bomba des populations noires de la côte nord-est, musique très rythmique interprétée aux tambours et aux percussions, rappelant par certains aspects la Rumba, mais à la danse très douce et élégante, dansé à petits pas un peu sautillants ; la Plena, interprétée par de petits orchestres associant cordes pincées, percussions, tambours et accordéon, et dont le berceau se situe sur la côte sud, dans la ville de Ponce. Très proche de Son par sa forme et sa sonorité (notamment le dialogue soliste / chœur dans la deuxième partie du morceau), cette musique m’a plutôt invité par son rythme à faire quelques pas de Merengue.

De longs extraits sonores et dansés nous font ressentir, mieux que de longues explications savantes, l’âme de ces deux types de musique populaire. Nous comprenons aussi à quel point les phénomènes de transculturation qui leur ont donné naissance sont proches de ceux qui se sont simultanément produits à Cuba.

La voix un peu ampoulée du narrateur peut agacer de spectateur d’aujourd’hui, et la superficialité de certaines analyses peut décevoir un public déjà un peu informé sur la musique Caraïbes. Ce film n’en constitue pas moins, par sa simplicité même, ainsi que par l’enivrante beauté de certaines images de l’île, une première introduction très pédagogique à la musique populaire de Porto-Rico.

Fabrice Hatem

Pour visionner ce documentaire : http://www.youtube.com/watch?v=vjQfgbAmozQ

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