Le marché des centres de R&D en Europe (juin 2005)

Editeur : AFII (note interne)

Auteur : Fabrice Hatem

Le marché des centres de R&D en Europe

Résumé et introduction

On assiste aujourd’hui à un mouvement d’internationalisation de la R&D d’entreprise : augmentation de la part des dépenses de R&D effectuées hors de leur pays d’origine, et symétriquement, accroissement de la part des firmes étrangères dans les dépenses nationales de R&D des différents pays du monde[1]. Ce mouvement s’intègre lui-même dans une tendance plus large à l’internationalisation de l’ensemble des fonctions de l’entreprise (production, mais aussi fonctions d’appui tertiaire comme la logistique, la distribution, les centres d’appel et de services partagés, les services administratifs et les quartiers généraux, etc.)[2]. Il prend des formes diverses : accords et alliances, cessions et acquisition de licences, acquisition de firmes étrangères à fort potentiel de R&D, financement de travaux de centres de R&D étrangers, etc. Il peut également se traduire par l‘implantation directe de centres de R&D à l’étranger possédés en propre par l’entreprise. Ce mouvement touche particulièrement les pays développés, et notamment l’Europe de l’ouest – zones où reste concentré l’essentiel du potentiel mondial de R&D -, même si l’on observe en ce domaine un intérêt croissant des entreprises pour l’Asie[3].

Une nouvelle forme de concurrence apparaît de ce fait entre les différents territoires d’accueil, qui cherchent à attirer ces projets de centres de R&D à la recherche d’une localisation optimale (Sachwald, 2004). On peut donc parler d’un véritable « marché » des projets internationaux de R&D, avec son offre, sa demande, sa segmentation, ses stratégies de positionnement commercial, ses tendances de fond et ses évolutions conjoncturelles. Pour faire face à la compétition des autres territoires sur ce marché, chaque pays, voire chaque grande région scientifique d’Europe dispose d’une structure commerciale chargée de définir les priorités des stratégies de promotions, de diffuser une image positive du territoire, de prospecter les investisseurs, de détecter leurs projets, de leur proposer des sites d’implantation potentiels et d’aider les entreprises étrangères à réaliser leur projet (voir à ce sujet Hatem/Dree, 2004).

Comme toute structure commerciale, ces agences de promotion de l’investissement doivent disposer d’outils d’analyse du « marché » sur lequel ils interviennent. Or les données statistiques existantes, et notamment celles relatives aux flux d’investissement directs, ne peuvent, pour différentes raisons[4], remplir ce rôle avec efficacité. Il est donc nécessaire de mettre en place des outils de connaissance d’un type nouveau, fondés sur le repérage, au fil de l’eau, des projets d’investissement internationaux annoncés par les firmes multinationales. L’AFII (Agence française des investissements internationaux) a mis au point des outils de ce type (voir encadrés 1 et 2 et (AFII, 2005)). La présente note a pour objet de présenter les premiers résultats statistiques obtenus sur la période 2002-2004 grâce à l’utilisation de ces observatoires. Elle se décompose en deux parties

– Une analyse des tendances du marché européen de l’investissement international dans le domaine de la R&D, basé sur les données des observatoires Europe et France de l’AFII (voir encadré 1).

– Une analyse des grandes tendances de l’investissement étranger en France en centres de R&D, fondée sur l’analyse du bilan annuel des investissements étrangers en France, publié chaque année depuis 1993 (voir encadré 2).

Pour consulter le document complet, cliquez sur : presa

Pour une présentation sous forme powerpoint, cliquez sur le lien suivant : http://www.ifri.org/files/Economie/Reseaux_mondiaux_30nov2005_Hatem.pdf

Pour une mise à jour de cet article (juin 2006), cliquez sur le lien suivant : /2006-06-09/les-investissements-etrangers-en-europe-en-r-d-2002-2005-edition-2006/

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[1] Pour une présentation des données les plus récentes sur le sujet, voir (Cnuced, 2005), (Kalotay, 2005,), (Sheenan 2005).

[2] Voir à ce sujet (Hatem 2005a, Hatem 2005b).

[3] Voir notamment à ce sujet (Cnuced 2005)

[4] Voir (Hatem 2004a, Hatem 2004b) pour une analyse critique des sources statistiques traditionnelles.

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