Opinions croisées sur les spectacles « Pas de deux » et « Valser »

Editeur : La Salida n°19, juin-septembre 2000

Auteurs : divers

Une critique des spectacles « Pas de deux » de Camilla Saraceni et « Valser », de Catherine Berbessou.

Pour retrouver cet article dans son intégralité, cliquer sur lien suivant : http://www.chez.com/lasalida/, puis la salida n°19, puis actualités.

Deux opinions sur « Valser »

Solange Bazely : « Valser ou le nerf du tango »

Catherine Berbessou, Federico Moreno et les danseurs de la compagnie Quat’zarts se sont d’abord mis à table, avec ce pari de cuisiner le tango argentin à la mode contemporaine, et le tout, à feu doux (« A fuego lento »). Quand les ingrédients, après avoir mijoté, s’être confrontés, se sont déchaînés, ils ont tout envoyé valdinguer, valser avec vigueur et nerf grâce à d’excellents interprètes qui donnent tout. Ce spectacle très fort a mûri depuis sa création en mars 1999 et a gagné en émotions : violentes, contenues ou relâchées (souvent avec l’épice humoristique). Une mention spéciale pour la qualité de la bande sonore et du décor qui sont de véritables acteurs dans cette pièce. Dans des corps à corps saisissants, un langage contradictoire se libère.

… et Pierre Lehagre : « Valser ou le choc des genres »

Succès mérité pour le spectacle « Valser » de Catherine Berbessou, au Théâtre de la Ville à Paris. La mise en scène, les musiques, les chorégraphies, les décors sont de très grande qualité. Le tango est montré sous l’angle exclusif des rapports difficiles et souvent conflictuels homme/femme. Même paré des atours contemporains, le tango ne risque-t-il pas d’apparaître ainsi aux yeux d’un nouveau public – qui n’adhère pas aux clichés véhiculés dans les spectacles « Hollywoodiens » style « Tango pasion » – comme une danse esthétiquement séduisante mais encore une fois terriblement machiste et violente ?

Pas à deux

Marie Gascon

Sensuel et nostalgique, le tango a toujours fasciné les gens de théâtre : quelques mesures ou un échange soutenu de regards suffisent parfois à transformer un simple dialogue en un duel lourd de sous-entendus. Mais Camilla Saraceni, le metteur en scène de Pas à deux, va plus loin. Au lieu de plaquer quelques figures sur l’action, elle fait naître le spectacle de la danse même.
Dans le décor reconstitué d’un cabaret, quatre couples, plus ou moins installés parmi le public, se lèvent et commencent à danser. Leurs tangos, joliment exécutés pour la plupart, sont sans cesse interrompus. Et l’accord qui commençait à s’installer entre les partenaires, laisse la place à des réflexions inattendues sur le couple, l’amour, la vie, sur des textes de Lydie Salvaire et de Charlie Kassab.
Cocasses ou bizarres, les situations esquissées ne sont cependant jamais pesantes. Très vite, la danse reprend le dessus, avec la complicité bienveillante du quarteto Darsena Sur. Et si la chanteuse Sandra Rumolino sait interpréter avec émotion des airs célèbres du répertoire, les autres acteurs jouent résolument la carte de l’humour, transformant le tango en une pensée … joyeuse qui se danse.

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