Requiem pour une rose d’acier

Ca y est !!! Le lobby des féministes doctrinaires a réussi à faire voter l’inepte loi sur la prostitution. Cette loi est inepte par ses motivations :

1) parce qu’elle assimile tout homme recourant aux services d‘une prostituée à un délinquant sexuel, alors que bien souvent, il s’agit d’êtres faibles et isolés qui n’ont que ce moyen de trouver un réconfort physique et affectif ;

2) parce qu’elle assimile toute prostituée à une victime alors qu’une partie importante (sans doute même majoritaire) de ces travailleuses est parfaitement consentante et a librement choisi d’exercer cette profession ;

3) parce la relation prostituée-client ne réduit pas toujours au seul aspect financier mais peut parcourir toutes la gamme des relations humaines et affectives, comme le montre la proportion élevée de prostitué(e)s finissant par épouser un(e) ancien(ne) client(e) ;

et 4) parce beaucoup de relations parfaitement légales et sanctionnées par un mariage en bonne due forme sont en fait, depuis que le monde existe, liées à une affaire d’argent. En suivant cette logique, il faudrait mettre en examen tous les princes charmants ayant épousé une bergère ….

Cette loi est également inepte par ses dispositions, parce qu’elle va aller à l’encontre même du but recherché en rendant la vie encore plus difficile à des femmes déjà peu gâtées par l’existence, et qui vont être contraintes, soit d’exercer dans des conditions encore plus difficiles qu’aujourd’hui, soit, purement et simplement, de perdre leur source de revenus en se transformant en pauvresses assistées.

Prenons l’exemple des prostituées chinoises de Belleville. Ces quelques centaines de femmes courageuses et honnêtes ont librement choisi d’exercer ce métier sur les trottoirs du boulevard de la Villette parce qu’il était beaucoup plus rentable et moins désagréable pour elles que de travailler dans des conditions exténuantes et pour un salaire de misère dans des ateliers de confection, qu’ils soient clandestins en France ou légaux en Chine (selon la logique détraquée de nos législateurs abolitionnistes, il faudrait d’ailleurs coller une amende à tous les porteurs de tee-shirts made in China, complices avérés d’une exploitation éhontée et connue de tous). Elles pouvaient ainsi espérer, au bout de quelques années, revenir dans leur pays pour faire construire la maison de leurs rêves (elles sont pour la plupart d’entre elles des mamans et des filles aimantes, très attachées à leurs responsabilités familiales). Le choix qu’elles ont fait n’est peut-être pas très plaisant, mais en tout cas, personne ne les y a contraintes par la force.

Contrairement à la propagande déversée par les abolitionnistes, et malgré l’existence tout à fait réelle (et nécessaire pour elles) d’intermédiaires de toutes sortes (ce que l’on appelle « les réseaux », en caricaturant/criminalisant là aussi une réalité diverse et complexe (1)), elles peuvent en fait espérer conserver pour elles une partie substantielle de leurs gains. En tout cas, c’est ce qu’elles disent elles-mêmes, mais ceux qui prétendent les défendre refusent de les écouter et de les croire !!! De beaux défenseurs autoproclamés que voilà, aveugles et sourds aux paroles mêmes des victimes supposées qui ne leur ont rien demandé !!!

Ce faisant, nos Roses d’aciers (comme elles se nomment elles-mêmes) apportent avec générosité un peu de réconfort et de plaisir à ceux que la propagande des abolitionnistes décrit comme d’ignobles exploiteurs sexuels de la misère féminine. Parlons-en, de ces horribles délinquants : de vieux maghrébins veufs qui économisent péniblement sur leur retraite de quoi prendre un peu de plaisir une fois par mois ; des adolescents timides et inhibés qui comptent leurs pièces de monnaie devant leur « victime » ; des petits commerçants bedonnants qui cherchent un moment de détente entre un contrôle fiscal et une dispute avec bobonne ; et toute sortes d’autres hommes, qui pour une raison ou une autre, ont du mal à trouver une partenaire bénévole…

A tous ces blessés de la vie, à tous ces « loosers » de la séduction amoureuse, nos braves Roses d’acier continuent, contre vents et marées, à vendre (j’allais dire « à offrir ») une petite bouffée de plaisir et de bonheur… Contre vent et marées, dis-je, car en fait, elles sont elles-mêmes victimes d’un incessant harcèlement policier, qui, depuis des années, les oblige à courir se cacher dans les rues adjacentes chaque fois qu’un car de CRS vient se planter au coin du boulevard de Belleville et de la rue du Faubourg du Temple. Et maintenant, dans la continuité directe de ce harcèlement « de droite », voici que leurs libérateurs abolitionnistes « de gauche » vont les priver de leur gagne-pain en criminalisant leurs clients… En fait, les vrais bourreaux des prostitué(e)s, ce sont plus les flics, les juges et les militants abolitionnistes que les clients…

Examinons en effet un instant les conséquences réelles de cette loi. Pour les femmes, c’est simple, c’est une catastrophe absolue : elles vont perdre une bonne partie de leurs revenus, devoir renoncer à construire la maison de leurs rêves, ou bien être contraintes d’exercer dans des conditions encore plus précaires et sordides alors qu’il aurait été si simple de leur donner un statut solide : 1) en les reconnaissant comme des travailleuses à part entière (avec cotisations sociales, retraites, éventuellement contrat de travail…) ; 2) et en organisant leur activité de manière à ne pas susciter de troubles de voisinage et à garantir à tous de bonnes conditions de confort et d’hygiène.

Arrêtons à ce propos d’agiter l’épouvantail des « réseaux mafieux » : si l’activité devient parfaitement légale, contrôlée et protégée, la nécessité même d’une organisation illégale disparaît ipso facto. C’est la répression qui crée le réseau clandestin, c’est la reconnaissance de l’utilité sociale de leur profession qui protège ces femmes (et ces hommes) !!!! Rappelons-nous la prohibition aux Etats-Unis dans les années 1930, qui a ouvert un immense champ d’activités aux réseaux criminels : dès qu’elle a été abolie, les réseaux clandestins de trafic d’alcool ont perdu leur raison d’être … Ça nous a valu quelques polars en moins, mais beaucoup de tranquillité en plus…

Quant aux clients, oubliez l’égalité sociale en matière de satisfaction des besoins sexuels !!! Les riches pourront toujours s’organiser des petits week-ends coquins en Belgique ou en Espagne, voire partir carrément habiter en Amérique latine si l’Europe entière devenait trop moraliste. Quant aux pauvres, vieux et moches, vae victis !!! Il leur faudra carrément renoncer à toute activité sexuelle, sous peine d’amende. Je le vois déjà d’ici, le défilé de ces soi-disant délinquants sexuels au tribunal : une bande de pauvres types fauchés qui devront économiser péniblement deux mois de leur retraite minable ou de leur salaire de misère pour payer l’amende et financer leur participation à un stage de « sensibilisation » aux allures de cours de redressement politique façon Goulag. Alors, faute de pouvoir se payer un peu de plaisir avec une femme, ils iront tristement se saouler au café du coin, et vive l’alcoolisme !!!

Et je ne parle pas des conséquences aberrantes de la disposition consistant à accorder un permis de séjour aux prostitué(e)s étrangèr(e)s désireus(es) de se « réinsérer » : la plupart des vraies prostituées étrangères n’en voudront pas, préférant continuer à exercer, en France ou ailleurs, le métier relativement lucratif qu’elles ont choisi. Par contre, on verra sans doute arriver toutes sortes de fausses prostituées trouvant là un moyen commode d’obtenir des papiers en règle. D’où un incroyable contentieux « à rebours » où il faudra prouver qu’on est bien une prostituée pour obtenir le permis de séjour tant désiré alors que les non-prostituées (on les appelait auparavant, à tord je l’admets, « les femmes honnêtes ») seront retoquées !!!! On crée ainsi une force d’appel pour une immigration présélectionnée sur sa propension à enfreindre les règles de la légalité et de la moralité ou à faire de fausses déclarations !!! Le monde à l’envers, quoi !!!

Mais, encore une fois, et comme c’est souvent le cas avec ce gouvernement actuel d’amateurs dangereux, rien de tout cela, peut-être ne se produira. Les prostituées protégeront leurs clients-gagne-pain en allant témoigner, le cas échéant, qu’ils ne leur ont pas donné d’argent ou qu’ils n’ont pas couché ensemble ; les policiers auront malheureusement bien d’autres priorités que d’aller faire la police des bidets pour constater sur le fait un coït entre deux draps de lit ; les clients prendront un peu plus de précautions, et rien finalement ne changera…. Sauf que l’abolition du délit de racolage passif privera la police d’un moyen d’action et de contrôle sur les réseaux et transformera peut-être certaines rues en bordels à ciel ouvert…

Alors qu’il serait si simple, et tellement meilleur pour tout le monde (pour les femmes, pour leurs clients, pour l’emploi, pour les comptes publics et la balance des paiements, pour le fonctionnement d’ensemble de la société…), de reconnaître aux prostitué(e) le statut de travailleurs à part entière…. Tout en sanctionnant, bien sûr, les vrais proxénètes quand ils existent…

Comme j’ai de la peine aujourd’hui pour vous, courageuses et utiles Roses d’acier, poussées vers l’angoisse et la précarité par ces doctrinaires féministes des beaux quartiers !! Ces animatrices de ligues de vertu façon gauche moderniste prétendent vous défendre en criminalisant les hommes qui vous font vivre, alors que ceux-ci ne sont en général eux-mêmes que d’inoffensifs « perdants » dont la reconnaissance pour l’aide que vous leur apportez prend souvent la forme d’une tendresse sincère !!! Et ces soi-disant progressistes vous privent de l’espoir d’une vie meilleure honnêtement gagnée par votre travail d’utilité publique en voulant vous transformer en assistées misérables d’un « programme de réinsertion » hypothétique et sans budget !!! Et pendant ce temps-là, on crée des salles de shoot et on veut dépénaliser le cannabis ??!! Pourquoi pas, au fond, mais je cherche en vain la logique globale ??? Use drugs, not whores, c’est ça ???

(1) Le seul « réseau » dont j’aie eu personnellement connaissance est un père de famille arabe de Belleville, marié et père de deux enfants, qui a eu le malheur de louer un studio à trois prostituées chinoises pour 10 euros chacune par jour. Il est maintenant en prison pour un an ou deux, et les Roses d’acier ont organisé une collecte pour soutenir sa famille.

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