Justice 2050

C’était risqué, il le savait

D’aller chercher du LSD

Au fond de ce lointain quartier

De Belleville, tout déglingué.

 

Mais Paul était désespéré

Son androïde avait bugué

Et maint’nant il était privé

De son amour robotisé.

 

Et puis aussi, il croyait

Que dans c’coin de Paris retardé

N’étaient pas encore installées

De caméras d’sécurité.

 

Sur ce point-là, il se trompait :

Depuis déjà quelques années

La police avait développé

Un programm’de contrôle secret.

 

Au central informatisé

Il fut très vite repéré

Et le logiciel, alerté,

Lança l’robot d’proximité.

 

Car il faut vous expliquer

Que dans ce futur évolué

La chaîne de sécurité

Etait tout’déshumanisée.

 

Pour mieux maîtriser les budgets

Les flics étaient tous remplacés

Par des machines qui savaient

Surveiller et même arrêter.

 

Dans les prisons modernisées

Extrêmement sophistiquées

Aux matons avait succédé

Des systèmes automatisés.

 

Et les savants avaient montré

Qu’un programme bien calibré

Jugeait avec plus d’équité

Que la faillible humanité.

 

Paul Dupont fut donc condamné

Depuis sa cellule isolée

Par un ordi centralisé

Habillement paramétré.

 

Mais le computer s’est trompé

Car le nom de Paul ressemblait

A celui d’un fou meurtrier

A la peine de mort condamné.

 

Quand l’automate est venu l’chercher

Paul ne s’est pas trop inquiété

Car, de bonne fois, il pensait

Qu’il allait être libéré.

 

Mais dans une pièce du premier

Les machines déjà préparaient

L’aérosol empoisonné

Destiné à l’exécuter.

 

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