Historias minimas

Comédie dramatique de Carlos Sorín, Argentine, 2002, 92 minutes

ImageDans un coin perdu de Patagonie, se croisent trois fragiles destins : un vieillard impotent et presque aveugle, parti à la recherche de son chien enfui depuis des années ; un voyageur de commerce hâbleur, mais vulnérable et solitaire, amoureux d’une jeune veuve ; et une mère au foyer très pauvre, sélectionnée pour participer à la finale d’un jeu de la télévision locale. Tous trois se dirigent en même temps, à la poursuite de leurs tout petits rêves, vers la bourgade de San Julian, à des centaines de kilomètres de chez eux – en Patagonie, pays de l’horizon infini, les distances ne comptent pas.

Sur leur chemin, ils vont vivre quelques aventures à leur échelle. Le voyageur de commerce, très préoccupé du gâteau d’anniversaire qu’il apporte à l’enfant de la dame, court fébrilement d’une boulangerie à l’autre pour en améliorer l’aspect. Le vieillard, victime d’un malaise cardiaque qui le conduit dans un dispensaire peu reluisant, s’en enfuit aussitôt. La jeune maman, embarrassée du nouveau-né qu’elle a emmené avec elle, peine à trouver un gîte bon marché….

Tous trois arrivent finalement à bon port… enfin, plus ou moins. Le jeu télévisé est vraiment minable, le chien perdu n’est pas celui que l’on croyait, le représentant rate l’anniversaire du gamin… Mais chacun s’accommode comme il le peut des désillusions de l’existence. Avec sa mauvaise vue, le vieux ne se rend pas compte que l’animal n’est pas le sien et est tout heureux de l’avoir retrouvé. Dans le bus qui le ramène chez lui, il est assis tout près de la jeune maman, qui contemple avec émerveillement la petite trousse de maquillage qu’elle a finalement gagné au jeu télévisé. Quant au représentant de commerce, la veuve n’est pas du tout insensible à son charme, et lui a même proposé de revenir dans quelques mois, pour fêter un autre anniversaire…

De quelle émouvante constance font preuve ces trois personnages, surmontant handicaps et difficultés pour atteindre un objectif qui nous paraît bien banal, mais sur lequel ils focalisent tous leurs espoirs ! Quelle leçon d’optimisme dans la manière dont chacun s’empare avec avidité des quelques miettes de bonheur ou d’espoir que lui concède la réalité ! Quelle humanité dans les coups de mains généreux que leur donnent les amis de hasard qu’ils rencontrent ! Et tout cela, dans le paysage  de bout du monde d’une Patagonie plate et grise comme leurs vies, mais dont l’horizon est aussi infini que l’espérance…

Historias Minimas est un très beau film, poétique et délicat, dont le réalisateur, Carlos Sorín, nous a depuis offert deux autres petites bijoux de la même veine : Bombon el perro et Jours de pêche en Patagonie.

Fabrice Hatem

Pour plus de renseignements  sur ce film : http://www.imdb.com/title/tt0291988/

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