El último bandoneon (le dernier bandonéon)

Comédie dramatique musicale de Alejandro Saderman, Argentine, Venezuela, 2005, 80 minutes 

ImageLa jeune bandonéoniste Marina Gayotto intègre le nouvel orchestre de tango formé par Rodolfo Mederos. Elle doit d’urgence trouver un nouveau bandonéon pour remplacer son instrument détérioré. Mais où trouver, aujourd’hui, un « doble AA », même à Buenos Aires ?

Structuré autour de deux intrigues entrecroisées – la recherche d’un nouveau bandonéon par Marina et la préparation d’un concert par Rodolfo Mederos et son orchestre – le film nous permet de rencontrer, à travers une errance poétique dans Buenos Aires, différents personnages qui chacun incarnent une manière de ressentir et de faire vivre le tango : réparateurs de bandonéons avec leurs vieux ateliers habités par l’histoire ; danseurs de scène et de bal pratiquant leur art dans des milongas célèbres comme Niño bien ou Sin rumbo ; vendeurs de chaussures saluant chaque matin avec respect l’image de Carlos Gardel en rentrant dans leur boutique de Nueva Pompeya ; étrangers de passage, que leur passion pour le 2X4 a parfois conduits à s’installer en Argentine ; jeunes musiciens venus du monde entier pour intégrer l’orchestre de Rodolfo Mederos ; vieux bandonéonistes se réunissant pour jouer ensemble dans un hangar désaffecté ; professeurs de tango entourés de leurs élèves, comme Rodolfo Dinzel dans son fameux studio.

Chacun, à tour de rôle, témoigne de son amour pour le tango, de la manière dont il l’a découvert et dont il le vit : fabrication d’un instrument ou d’une paire de chaussure, pratique de la danse ou de la musique, organisation d’un bal ou d’un concert, enthousiasme des jeunes, nostalgie des anciens… Deux personnages se détachent particulièrement : Marina, qui poursuit son rêve musical avec persévérance en dépit des difficultés matérielles et financières ; et Rodolfo Mederos, qui monte patiemment son projet d’orchestre tout en jouant pour le spectateur le rôle de mentor et de guide musical.

Tous ces cheminements en apparence distincts vont converger vers l’apothéose du film : le concert dansant à la milonga Niño bien. Celui-ci réunit en effet tous les protagonistes rencontrés au fil des scènes : danseurs professionnels et amateurs, musiciens jeunes et âgés… sans oublier bien sur le nouveau bandonéon bien accordé de Marina et les jolies chaussures neuves de la touriste japonaise. Nous comprenons alors que chacun d’entre eux est maintenant arrivé à sa place, jouant le rôle  indispensable qui est le sien pour permettre que jaillisse une nouvelle fois la magie collective du tango.

C’est un film instructif, émouvant, de bonne qualité musicale, une polyphonie amoureuse bien orchestrée par le réalisateur Alejandro Saderman, que je vous conseille d’aller voir sans hésiter.

Fabrice Hatem

Pour plus de renseignements : http://www.imdb.com/title/tt0414712/

Pour consulter quelques extrait du film : http://www.youtube.com/watch?v=Fu7nbCuZhfk

 

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