Días de pesca (Jours de pêche en Patagonie)

Comédie dramatique de Carlos Sorín, Argentine, 2013, 78 minutes

ImageMarco, la cinquantaine, vient passer quelques jours dans un petit port de Patagonie, pour s’initier à la pèche au requin. Mais il cherche surtout à renouer contact avec sa fille, qu’il n’a pas vue depuis des années. Quel est donc ce secret familial qui rend ces retrouvailles si difficiles ?

On retrouve dans ce film les éléments qui ont fait le charme de précédentes œuvre de Sorín, comme Historias Minimas ou Bonbon el Perro : le vertige des horizons infinis de la Patagonie ; les destinées infimes de nos héros, avec leur passé à peine esquissé et leurs modestes espérances ; leurs rencontres de hasard avec d’autres personnages un peu perdus, mais dont la chaleur humaine et la générosité éclairent la grisaille du quotidien ; leur attirance marquée pour les babioles kitch « bas de gamme », qu’ils contemplent et manipulent avec un émerveillement enfantin ; enfin, leur quête persévérante du bonheur, avec toujours, sur leur chemin cahoteux, quelques raisons de continuer à espérer, malgré les déceptions et les aléas de la vie.

J’ai beaucoup aimé ce joli film, mais je n’ai pas tout à fait retrouvé l’émerveillement qui avait été le mien avec Historias Minimas. Ceci tient largement au caractère un peu trop répétitif de l’œuvre de Sorín, qu’il s’agisse des décors, des personnages ou des ressorts dramatiques. C’est vrai dans les grandes lignes (la quête d’un bonheur modeste, ponctuée d’une succession de déceptions et de bonnes surprises), comme dans les détails (les personnages récurrents de petits représentants de commerce et autres vendeurs ambulants menacés par l’essor de la distribution en ligne). On comprend, bien sûr, le sens de la métaphore, mais on a parfois aussi envie que le réalisateur se renouvelle, sous peine de créer à la longue une impression de déjà vu.

Il y a heureusement quelques très belles nouveautés dans Dias de Pesca, comme cette évocation de la puissante beauté de la nature (ce vent à décoiffer les montagnes ; cet océan houleux peuplé d’animaux gigantesques….). Ou encore ces personnages imprévus, comme les trois jeunes routards colombiens partis faire le tour du monde, invitant notre héros à partager leur repas improvisé de coquillages cueillis sur la plage ; cet entraîneur de boxe et sa jeune championne étrangement indifférente à tout, partis disputer dans ce port de bout du monde un match improbable ; ce pêcheur de requin, géant obèse et placide se mesurant tranquillement à la force de l’océan …

On sort heureux et apaisé de ce film profondément humain et discrètement optimiste.

Fabrice Hatem

Pour plus de renseignements : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=212412.html 

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